Les américains font les pieds aux murs à l’orangerie


Les peintres américains des années 1930 sont présentés dans le cadre d’une exposition au musée de l’Orangerie à Paris jusqu’au 30 janvier prochain. Reflet d’une société en crise, cette période voit s’affirmer de grands noms de l’art comme Grant Wood, Georgia O’Keeffe et Edward Hopper.

Aux racines de l’art moderne américain. Les années 1930, marquées par la Crise de 1929, ont été décisives dans l’affirmation d’une scène artistique moderne aux Etats-Unis.

L’exposition, organisée avec l’Art Institute de Chicago, présente une cinquantaine de tableaux représentatifs de cette période, issus de prestigieuses collections publiques américaines (l’Art Institute à Chicago, le Whitney Museum ou le MOMA…).

Cette période de l’histoire de l’art témoigne à la fois d’un réalisme et une diversité d’approche : représentation d’une réalité anxiogène urbaine ou rurale, expression de révoltes face aux inégalités et discriminations, référence à l’histoire nationale et à la foi. L’exposition permet de découvrir des peintres majeurs, parmi lesquels Grant Wood, Georgia O’Keeffe, Thomas Hart Benton et Edward Hopper.

Originaire de l’Iowa, Grant Wood s’inscrit dans le courant régionaliste du Middle West. Ses sujets de prédilection sont les paysages et personnages inspirés de sa région rurale natale. Il étudie à Paris et à Munich dans les années 1920. Il pratique un style réaliste et archaïsant, caractérisé par une précision dans les détails, proche des Primitifs flamands. Sa toile la plus célèbre American Gothic est devenue une véritable icône de l’art américain. 

Georgia O’Keeffe. Née dans le Wisconsin, l’artiste se forme à la peinture à Chicago puis à New York où elle épouse le galeriste et photographe Alfred Stieglitz. Fascinée par les fleurs, qu’elle peint sous forme de gros plans aux formes abstraites, et par les paysages sauvages et les déserts, elle séjourne à plusieurs reprises au Nouveau Mexique qui devient sa région d’adoption et une source d’inspiration.

En 1931, elle réalise une série de natures mortes figurant des ossements d’animaux, qu’elle collecte afin de s’en servir comme modèles dans ses peintures. 

Thomas Hart Benton. Originaire du Missouri, Benton se forme à l’Art Institute de Chicago et devient dessinateur de presse. De 1909 à 1913, il séjourne à Paris. Il s’installe comme peintre et enseignant à New York puis à Kansas City. Benton emploie la technique de la tempera, utilisée à la Renaissance. Son oeuvre affirme la dignité et le courage des Américains ruraux.

Influencé par Giorgio De Chirico et le surréalisme, qu’il découvre lors de ses séjours en Europe, Edward Hopper prend pour motifs dans ses toiles des scènes de rue, de loisirs ou des paysages américains, où il met en scène des personnages solitaires.

Dans New York Movie (1939), il représente une ouvreuse dans le cinéma Le Palace.
Pour réaliser cette toile, il prend pour modèle sa femme Jo et se déplace sur le lieu même où il dessine de nombreuses esquisses.

Une impression de vide et de solitude se dégage de cette scène située en marge du spectacle de la salle, dévoilant au-delà de la représentation réaliste, l’intériorité du personnage.





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