Selectour Afat : Laurent Abitbol veut le biz avant le buzz


Dans une entreprise, tout le monde sait que le « chef nage bien puisque c’est le chef ». Dans une association, même si le chef est le meilleur nageur, tout se discute. C’est toute la question du commandement… Alors pour Laurent Abitbol, avant d’envisager un quelconque chantier, il lui a fallu d’abord se caler, s’adapter aux procédures et compter avec le conseil d’administration.

Lui qui ressemble plutôt au centurion romain de l’Évangile, il ne faut pas croire que cet exercice n’a été qu’une formalité.

Il en sourit lui-même en confessant, avec une certaine gourmandise, qu’il a gagné le surnom affectueux de « Duce », sans animosité, ni sous-entendu aucun, un peu à la manière de « Super », dans « Papy fait de la résistance ».

Laurent Abitbol-Selectour Afat-Marietton-Voyamar aerosun-Auchan voyagesRésultat des courses, annonçant le bilan des 100 premiers jours de sa présidence, Laurent Abitbol a « déçu » légèrement… Pour un gars qui n’a pas sa langue dans la poche, tout le monde attendait du croustillant, pas de sanglant obligatoirement, mais de quoi faire du « buzz ».

Hélas, pas de savonnettes en perspective… Comme pour les abeilles, il préfère faire du « bizz » et laisse le « buzz » aux cigales. Ce qui compte pour lui, c’est l’économique pas la « politique politicienne ».
A cet égard, Laurent Abitbol insiste beaucoup là-dessus, le conseil d’administration du réseau se passe bien, travaille bien, dans la paix, et les polémiques du passé y sont éteintes.

D’autant plus qu’elles ont coûté près de 1 M € au réseau… !
Pas question, par exemple, de passer en force sur la dénomination du réseau.

En juillet dernier, à Lyon, lors du CA, 10 administrateurs sur 17 étaient d’accord pour simplifier l’enseigne…

D’un point de vue économique et marketing, ça paraît assez évident : AFAT est un acronyme dont personne ne connaît plus la traduction en particulier le consommateur ; Selectour et son hippocampe, ça semble plus sonore et surtout plus ‘touchant »

De plus, les deux enseignes réunis, ça fait long « en bouche », et contrairement aux vins, dans la com », ce qui est long passe mal…
Il n’empêche pour le nouveau président de 1er réseau de distribution français, pas question de ne garder que Sélectour s’il n’obtient pas l’approbation de 15 administrateurs au moins.

A la fin octobre, il fera une dernière tentative et, s’il n’a pas convaincu au moins 5 des 7 réfractaires, il laissera tomber le sujet : »ça ne vaut pas la peine de se battre » assure-t-il pour clore ce sujet..

Le « Duce » veut donc convaincre, pas mettre tout le monde au diapason de son rythme.
Pas question non plus de forcer la main des adhérents pour la modernisation des agences alors qu’il estime que c’est une urgence.

Laurent Abitbol estime que la remise à niveau d’un point de vente coûte environ 80 000 €, une somme largement compensée par la motivation que cela entraine dans les équipes et par l’attraction que cela génère chez les clients.

Chez Havas, où la réfection des agences un peu « vieillottes » est déjà bien engagée, certaines ont déjà gagné plus de 25 % de chiffre d’affaires, d’autre plus encore.

Pour le moment 70 agences Sélectour-AFAT environ seraient prêtes à investir ; elles en profiteraient pour changer leur enseigne si le projet est accepté à la fin octobre.

Mais pas question de presser le pas ; la conviction doit l’emporter et le siège doit persuader plutôt qu’imposer.
Quant aux TO qui arrivent en fin de contrat, et pour l’essentiel TUI, voire Vacances Transat, si la vente arrive à son terme, et bien, c’est le même esprit.

Certes le retrait de fournisseurs, qui pèsent en gros 20 % du volume d’affaire de la CRF, a perturbé les finances du réseau, mais Laurent Abitbol considère que personne n’est irremplaçable.

La renégociation du contrat TUI se fera donc « gagnant-gagnant ou ne se fera pas… » ; il n’y a aucun drame là-dedans, juste du business.

A ses yeux, ses interlocuteurs ne sont pas bornés, il ne voit donc pas de raison pour que cette question ne soit pas réglées avant la fin novembre.

Il en veut pour preuve que Pascale de Izaguirre a d’ores et déjà annoncé sa présence au congrès québécois du réseau, en décembre prochain.

Quant aux spéculations sur la fusion Havas-Sélectour ou à l’élargissement du-GIE Havas-Sélectour-AFAT, le Président de Sélectour, hormis la certitude que cela portera sur les segment affaire et loisir, Laurent Abitbol reste extrêmement prudent. Les choses évidentes sont parfois lentes à s’imposer.

Il n’empêche qu’un 3ème larron devrait peut-être rejoindre le GIE dans les 6 mois qui viennent.

Visiblement, Sélectour-AFAT a pris de la maturité. Fini l’émotivité dans le discours, place à la « rationalité » économique. Mais d’ici le congrès du Québec, j’ai peur que les paris restent ouverts et qu’on n’apprenne pas vraiment plus.

Bertrand Figuier





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