Quand Carmontelle se montre au Château de Chantilly


Le musée Condé à Chantilly conserve la plus belle collection au monde de Carmontelle avec 484 portraits dessinés et un transparent. Cette collection sera mise à l’honneur au Cabinet d’arts graphiques du Château de Chantilly depuis le 5 septembre 2020 jusqu’au 3 janvier 2021.

Auteur dramatique, dessinateur, paysagiste, Louis Carrogis, dit Carmontelle (Paris, 1717-1806) est un brillant amateur dont les multiples talents reflètent le milieu cultivé et cosmopolite dans lequel il évolue. Ordonnateur des fêtes du duc d’Orléans, célèbre pour ses portraits comme pour ses comédies improvisées appelées Proverbes, il dessine le parc Monceau à Paris pour le duc de Chartres et met au point les transparents, rouleaux de papier faisant défiler de riants paysages.

De Mozart à Buffon, de Rameau au baron Grimm, il dresse le portrait fidèle du tout-Paris du milieu du XVIIIe siècle : princes du sang, écrivains, philosophes, musiciens, scientifiques, belles élégantes du « temps de la douceur de vivre », selon le mot de Talleyrand sur l’Ancien Régime. Grâce à Henri d’Orléans, duc d’Aumale (1822-1897), descendant des Orléans qui rachète la majeure partie de ce fonds en 1877, le musée Condé conserve la plus belle collection au monde des œuvres de Carmontelle.

Carmontelle critique de Salons

Carmontelle l’amuseur, Carmontelle l’amateur,
s’intéresse aux tendances artistiques nouvelles.

Dès 1765, dans ses Salons, Diderot rapporte leur discussion sur la peinture religieuse. Sensible à l’art de Greuze, il apprécie David et publie régulièrement mais de façon anonyme des critiques de Salon de 1779 à 1789.

Le créateur de « jardins naturels »

A cinquante ans passés, Carmontelle devient paysagiste. En 1769, le duc de Chartres achète le domaine de Mousseaux au pied de la colline de Montmartre : topographe, amateur de jardins et de fêtes, Carmontelle y crée la « Folie de Chartres » (1770-1774), dont une partie est l’actuel parc Monceau.

Il appelle ce parc « un jardin naturel », animé de fabriques, dénigrant les pelouses à l’anglaise et critiquant la simplicité de Jean-Jacques Rousseau. Cela rend Carmontelle célèbre, mais le duc de Chartres fait appel au paysagiste écossais Thomas Blaikie qui modifie le parcours.





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