Botín met Santander dans l’annuaire culturel


Pari réussi pour le Centro Botín de Santander six mois seulement après son ouverture. Le dernier né des centres d’art en Espagne a dépassé les objectifs en abonnements des résidents et en visites de touristes. Il s’inscrit désormais comme passage incontournable en Cantabrie.

Inauguré en juin dernier par la reine Letizia et le roi Felipe VI d’Espagne, le centre d’art Botín est venu compléter la déjà riche proposition touristique de Santander, 190 000 habitants, capitale de la Cantabrie, plus petite des communautés autonomes espagnoles après la Rioja.

C’est là qu’est né le tourisme espagnol à la fin du XIXème siècle et s’est développé sous l’égide d’Alphonse XIII qui en fit sa villégiature d’été, avec les grands du royaume, jusqu’en 1930.

La ville en a gardé une élégance de beaux immeubles et larges avenues sur un front de mer exceptionnel de 8 km de long, fait de quais, plages, golfs, ilots, clubs de voile, donnant sur une rade aujourd’hui membre du club très fermé des « Plus Belles Baies du Monde ». Le Centro Botín se devait d’être à la hauteur.

Un défi titanesque

Plus importante fondation privée d’Espagne, la fondation Botín, créée en 1964 par Marcelino Botín, héritier de la Banco Santander, un des plus puissants établissements bancaires au monde, lance et finance des programmes dans les domaines artistiques et culturels, dans l’éducation, la science et le développement rural.

Au fil des ans, elle a acquis une collection d’œuvres qui se cherchaient un écrin. Alors sur ses deniers, avec l’appui de la ville, elle a imaginé ce projet titanesque.

Il fallait déplacer le parking qui accueillait jusqu’alors les véhicules des passagers des bateaux de Brittany Ferries et enterrer une voie expresse qui courait le long du littoral, tous deux privant tout un chacun du plaisir de la vue sur la baie.

Et embellir et quasiment doubler les historiques jardins de Pereda.

Un tel projet nécessitait un homme hors du commun et ce sera Renzo Piano (photo), l’architecte entre autres du Centre Pompidou de Paris.

Juchées sur des pilotis de 7 mètres de haut, les deux ailes du bâtiment recouvert de plus de 240 000 écailles de céramique nacrée conçues par le petit-fils de l’artisan qui travailla pour Gaudi sont reliées en hauteur par une plateforme de verre.

Du coup, l’infrastructure ne fait pas barrage au regard sur la baie et au contraire, s’y marie avec une partie en porte-à-faux au dessus de l’eau et un sol extérieur recouvert d’une matière qui au gré de la pluie et des nuages épouse les couleurs de la mer Cantabrique.

Un écrin qui attend Miro

Ces 10 000 m2 dédiés à l’art se partagent donc en une aile consacrée aux salles d’exposition (2500 m2) et une autre à vocation plus pédagogique avec auditorium, espaces de cours et de travail.

Sans oublier un restaurant étoilé en rez-de-chaussée et un amphithéâtre extérieur pour des concerts ou projections.

Le tout caressé par l’environnement vert des jardins de Pereda.

Un écrin donc pour accueillir des expositions au succès prévisible après celle consacrée de l’ouverture à fin septembre aux premiers dessins de Goya.

A côté des œuvres réunies par la fondation, à ne pas manquer, entre autres, les toiles de Julie Mehretu jusqu’à fin février prochain, en attendant dès le 26 mars, les sculptures du grand Joan Miro.

Santander s’est bien trouvé un nouveau quai d’accrochage.

Yves Pouchard





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