Tourisme en Norvège : avec Hurtigruten, l’autre esprit de la croisière


Hurtigruten, c’est 130 ans d’existence et une alchimie particulière. L’Express côtier de la compagnie fédère ceux pour qui la croisière n’est pas synonyme de club vacances en mer. La Quotidienne vous en dit un peu plus.

Créé avant tout pour permettre aux Norvégiens de rejoindre les dizaines de ports situés le long de cette très longue côte découpée de 1600 km trouée de fjords et d’îles, Hurtigruten y a rajouté, au fil des ans, l’aspect croisière.

Le succès, à mesure que les pays du Nord, leur beauté mais aussi leur sérénité ont commencé à séduire un plus grand nombre, va grandissant.

Les croisiéristes peuvent faire la route maritime du Sud au Nord ou du Nord au Sud, voire l’aller-retour avec des escales diversifiées

Ca se passe comme ça chez Hurtigruten

Me voici à Bergen tout au Sud, au terminal de l’Express Côtier Nordlys. Les cabines seront disponibles à 18 h mais dès 15 h on peut s’enregistrer et déposer ses bagages.

Le temps d’aller découvrir la charmante petite ville animée de Bergen dont le centre est tout proche ou bien d’aller se poser dans le confortable lounge bar où boissons chaudes et froides, en-cas sucrés et salés sont offerts à volonté.

17h30, je monte au pont 5 où une cabine m’a été attribuée. Bonne surprise, ce n’est pas un paquebot où il est nécessaire de passer un temps fou à parcourir d’interminables couloirs. On s’y retrouve très facilement.

Devant la porte ma valise m’attend et la cabine est déjà prête : pas immense mais visiblement très confortable avec de bonnes couettes moelleuses sur le lit (excellente literie au demeurant), beaucoup de lumière, une mini salle de bain avec douche, un coin bureau avec bouilloire et tasses, deux chaises et une fenêtre donnant sur le pont promenade et sur la mer.

A bord, de nombreux Allemands, des Anglais aussi et une petite trentaine de Français. A partir de 20, un accompagnateur français est assuré. Sinon c’est l’anglais qui prévaudra et l’allemand.

Donc si l’accompagnateur français n’est pas prévu à bord et si vous n’êtes pas anglophone, munissez-vous
d’un guide du Routard ou autre et allez sur le site Hurtigruten en langue française : il fourmille d’informations sur la croisière et ses différentes étapes et excursions.

Les consignes dans les cabines et les menus au restaurant sont traduits en français. Je m’amuse à observer les habitudes culturelles des uns et des autres. Le petit déjeuner et le déjeuner sont en self-service au restaurant, ils sont qualitatifs et abondants.

Le dîner est servi à table : à partir de 18 h pour les Allemands et les Anglais. 20 h pour les Français : on respecte les traditions nationales !

On s’installe doucement dans la vie à bord, se promettant de découvrir le petit sauna, la salle de fitness ou le jacuzzi.

Oubliez totalement les vêtements chics et branchés ; le style vestimentaire c’est jogging, sweets confortables et baskets. Et pour l’extérieur, vêtements étanches et chauds, bonnet et gants et chaussures chaudes. Maquillage et brushing sont tout aussi superflus. Pour un peu les effets de mode paraîtraient presque en contradiction avec le culte de la nature environnante car elle est grandiose.

On adopte vite les espaces du bateau. Salons, restaurants et bars sont tous chaleureux et très confortables, le personnel sympathique et tout prêt à vous aider.

Les espaces panoramiques du 7 ème pont avec leurs fauteuils inclinables devant les immenses baies vitrées invitent à la lecture, à la méditation… ou à la sieste.

Autres atouts non négligeables : le wi-fi à bord fonctionne à merveille et il est gratuit ; l’eau du robinet est bonne à boire mais aussi au goût et puis last but not least, à bord où dans lors des excursions, internet, SMS et communications téléphoniques sont au même tarif qu’en France.

Touristes et autochtones se croisent à bord

Ce qui fait le charme et forge très certainement l’esprit si naturel de ces croisières, c’est le mélange non moins simple et naturel des populations.

A chaque escale, y compris de nuit, des passagers montent à bord ou descendent. Ce sont souvent des Norvégiens qui utilisent l’Express Côtier pour ce qu’il fut dès l’origine : une possibilité d’aller d’un port à l’autre pour joindre, parfois, l’intérieur du pays.

Le bateau transporte aussi des voitures. Ces passagers non croisiéristes peuvent utiliser toutes les structures du bateau sans pour autant avoir de cabine.

Ils peuvent aussi s’installer pour dormir quelques heures sur les fauteuils inclinables du pont panoramique.

Le temps de quelques escales on voit alors des messieurs partageant une bière, des enfants qui jouent dans un espace dédié, des dames qui tricotent sur un banquette-canapé, des couples jouant aux jeux de société. Le tout donne une impression d’ambiance familiale d’autant plus appréciable les jours d’hiver où la météo extérieure est hostile. Dedans il fait bon chaud.

Pour les croisiéristes, les soirées dégustation de vins, de soupes chaudes, de moules, de gâteaux aux pommes se succèdent.

Au pays des trolls, le cadeau, celui que tout le monde attend une fois passé le cercle polaire, ce sont les aurores boréales. Vous pouvez avoir une alerte en cabine à toute heure du soir ou de la nuit.

L’aurore boréale vue depuis le pont du navire sans aucune pollution lumineuse est un enchantement.
Dès l’annonce diffusée c’est amusant de voir toutes les portes de cabines de votre couloir qui s’ouvrent.

Le cheveu hirsute, une vague doudoune ou, dans la précipitation, un trop léger K-Way rapidement jetés par-dessus le pyjama dans un demi sommeil : le spectacle est aussi sur le pont où des dizaines d’appareils photo sont braqués sur cette poésie verte et mouvante qui danse dans le ciel.

Excursions libres ou guidés

Bien sûr il y a les excursions organisées ou individuelles. Certaines, notamment la découverte des plus beaux fjords, les marches dans la nature, les soirées à la mode Viking dans les îles Lofoten appellent un parcours organisé et guidé (guides excellents) surtout pour voir le maximum en un
temps limité par l’horaire de départ du bateau.

Beaucoup d’escales peuvent être faites en individuel sans difficulté. Les petites villes sont faciles à parcourir à pieds depuis les ports. Les villes sont calmes et sécure, avantage non négligeable par ces temps troublés.

Les maisons, comme partout le long de la côte joyeusement colorées. On y trouve presque autant de magasins de vêtements et chaussures techniques contre la pluie et le froid que de cafés à Paris. Un choix incomparable avec un très beau design.

Beaucoup aussi de grands magasins mélangeant vêtements et objets de décoration, tous de seconde main mais en parfait état et donc à prix avantageux. Il m’a fallu deux jours pour cesser de remercier de la main les automobilistes qui s’arrêtaient systématiquement pour me laisser traverser. Ici c’est la règle et elle est parfaitement respectée.

Quelques consignes pour le confort maximum

– Si aux dates choisies il n’y a pas d’accompagnateur français, mieux vaut emporter une édition d’un guide.

Cela permet d’en savoir plus sur les nombreuses escales:
– Sensibles au bruit ? emportez des bouchons d’oreilles. Selon l’emplacement des cabines, les escales nocturnes peuvent générer un peu de bruit. Le vent fort dans certaines zones aussi – Côté monnaie, inutile de s’embarrasser du change. Tout, absolument peut se payer par carte de crédit.

– Un petit accessoire d’hiver peut vous aider grandement : des crampons amovibles à fixer sur n’importe quelle chaussure. Ils vous éviteront des vols planés sur la neige ou le verglas surtout aux environs du Cap Nord.

Texte et photos Evelyne Dreyfus





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