Think Tank APG, une idée qui fait son chemin


Chez APG, on a bien deux mains, l’une pour la réflexion, l’autre l’action. Les manchots peuvent bien râler, c’est une marque de fabrique et le transport aérien n’a pas l’air de s’en plaindre si l’on en juge par le succès et la crédibilité du Forum APG World Connect, créé par son homme lige, Jean-Louis Baroux. Et rares sont les Présidents de compagnies aériennes qui n’ont pas eu l’occasion d’y assister…

Aussi, chez APG, lorsqu’une intuition semble avoir quelques correspondances concrètes avec la réalité, on ne marche pas dessus, on ne s’enflamme pas non plus ; on se met simplement au travail : l’histoire décidera en dernier ressort.

bertrand FiguierAux yeux de nos spécialistes, de nos « APGistes » peut-on dire, tellement APG s’apparente à une école de pensée, le transport aérien souffre d’une dispersion de la réflexion stratégique, d’une atomisation sectorielle, branche par branche ; ici les aéroports, là les compagnies, ailleurs les constructeurs et ainsi de suite, qui le prive d’une vision globale, réduit ses capacités d’anticipation et le soumet à des contraintes extérieures toujours plus nombreuses et plus lourdes.

Pour y remédier, ils proposent donc aux professionnels de bonne volonté de créer un club de réflexion transversale, susceptible d’analyser, d’étudier, de proposer et de peser quand les évolutions économiques et les décisions politiques deviennent de plus en plus difficiles à contrebalancer pour une entreprise isolée.

Ce «Think Tank», comme disent les anglo-saxons, joliment intitulé ICATS (International Center for Air Transport Studies), est très logiquement ouvert à tous, entreprises, organismes, publics ou privés, et simples personnalités, directement ou indirectement concernés par le développement du transport aérien dans le monde, sur le plan économique, technique, social et environnemental.

Évidemment, personne ne se penche sur le berceau de cette structure en pleine gestation avec le regard émerveillé de l’enfant devant un sapin de Noël.

L’ICATS peut même laisser sceptique.

La concurrence acharnée, impitoyable, que se livrent les entreprises, mais surtout les hommes, empêchera probablement sa naissance et son épanouissement. Et qu’importe le coût de ces frivolités.

C’est possible, et alors ?

Nos APGistes ne sont pas nés de la dernière pluie. Ils en ont parfaitement conscience et l’obstacle ne leur fait pas peur ; seule la pertinence de l’initiative lui assurera un destin heureux, ils le savent très bien et n’en demandent pas plus.

Pourtant si l’on y pense à deux fois, que voit-on ?

Le transport aérien est un secteur industriel mûr, où la croissance devient de plus en plus complexe à obtenir.

Il n’y a pas que la concurrence qui tire vers le bas, il y a aussi les réglementations, les normes, la protection des usagers, celle de l’environnement, les questions de sécurité, de sureté… continuez vous-même la liste est longue des facteurs contraignants.

Mal gérés, toutes ces données éparpillées, deviennent un luxe, le luxe du gâchis.

Songez aux déboires de l’aéroport Notre Dame des Landes… Que ce projet soit pertinent et l’on se prend d’angoisse à mesurer le temps qu’il faut pour le réaliser, le nombre d’emplois perdus dans le retard accumulé et les coûts financiers qu’il aura fallu assumer en attendant.

À l’inverse, si ce projet est réellement inutile, on se prend de la même angoisse devant le gâchis et les divisions pérennes qu’il a entraînés.

Songez également aux aéroports anglais qui, malgré leur manque de capacités, continuent à étouffer sans qu’un consensus clair puisse enfin débloquer les décisions nécessaires.

On aurait tort de croire que l’avenir du transport aérien dépend seulement du nez et de la perspicacité de quelques dirigeants plus avisés que les autres.

Comme tous les secteurs industriels mûrs, son développement doit désormais s’appuyer d’abord sur un consensus large, assez large pour réunir toutes les composantes de sa chaîne de valeur, de la plus humble à la plus experte, de la plus impliquée à la plus périphérique.

On sous-estime trop souvent, aujourd’hui encore, en dépit d’internet, l’impact d’une petite association de rien du tout, pour peu qu’elle soit réellement déterminée.

L’exemple du Lac de Sivens devrait pourtant faire réfléchir…

La croissance, qu’on le veuille ou non, passe par une réflexion en filière, où chaque maillon de la chaîne de valeur peut faire valoir ses contraintes et tempérer l’omnipotence des gros acteurs.

L’effet « papillon » joue aussi dans l’activité économique des entreprises ; l’initiative de l’un, petit ou gros, même motivé par sa survie, peut ébranler l’édifice complet et mettre en danger l’équilibre fragile du secteur tout entier.

Le transport aérien peut-il prendre le risque d’assumer des gâchis financiers comme ceux qui ridiculisent aujourd’hui AREVA ? Peut-il aussi se permettre le financement d’aéroport dernier cri mais fantômes comme on en trouve en Espagne ?

Non, tout le monde en conviendra certainement.

Alors ICATS a de l’avenir et du pain sur la planche.

Comme dirait Lyautey : sans faire de remous, ce « jeune homme » creuse un beau sillon.

Bertrand Figuier





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