Pourquoi Laurent Magnin a t-il le sourire ?


Laurent Magnin le P.D.G d’ X.L Airways est aussi abordable que disponible. Son discours est clair, direct et franc. Fondé sur le bon sens et la cohérence. Laurent Magnin est résolument rock n’ roll et il l’assume. Ce qui change des discours policés, et lisses de ses homologues technocrates. Ce qui est rassurant et plus facilement compréhensible pour les béotiens que nous sommes. L’abstrusion, ce n’est pas son truc.

Sans tabou et non sans une certaine inquiétude, il expliquait il y a quelques jours à Lyon sa vision du tourisme actuel. Notant, et regrettant tout à la fois, que le tourisme des pays musulmans, sous la pression terroriste de l’État islamiste, soit en chute libre changeant sans doute durablement la donne économique et le développement de ces états. La victoire recherchée et obtenue de Daesh. Un retour programmé vers l’obscurantisme. Un terreau fertile pour le fondamentalisme.

Laurent Magnin se déclare un ardent défenseur du pavillon français et souhaite qu’Air France soit et reste une compagnie forte face à la concurrence étrangère. Il demande aux passagers de voyager français.

Puis il démontra, que XL Airways se portait bien, désormais, toute la flotte est homogène Airbus A.330-200 en version 369 sièges. Et Airbus A.330-300 en version 408 sièges. Tous les avions sont en location et dont les termes ont été renégociés à la baisse.

Se rapprochant sans vraiment chercher à l’atteindre totalement, du modèle économique « low cost. » Le service à bord étant un impératif non négociable pour la compagnie.

Il reconnait que le modèle économique d’XL Airways évolue sensiblement en fonction du changement progressif des habitudes d’achat des touristes français.

Il y a moins d’une décennie, les voyagistes constituaient 90 % du fond de commerce de la compagnie. En 2015, ils ne sont plus que 45 % à vouloir ou pouvoir s’engager sur des contingents. Crise économique oblige.

Les touristes français dont le nombre est estimé à 6 ou 7 millions de touristes qui choisissent de voyager de plus en plus souvent de manière individuelle. L’intermédiation devient la règle. Achat par l’intermédiaire de réceptifs présents sur le web. La facilité d’achat par l’intermédiaire de comparateurs efficaces, l’omniprésence des OTA’s et du locatif collaboratif. Les clubs de vacances restent les derniers bastions contrôlés de tour-operators nationaux.

Laurent Magnin estime, à juste titre, que les vendeurs de voyages deviendront de plus en plus influents. En tant de vendeurs de voyages forfaitaires, ils garantissent à divers titres la sécurité des voyageurs. Ils regrettent que les institutionnels ne communiquent pas plus et mieux sur cette réalité discriminante.

Les départs de Province, son principal cheval de bataille

Il note à juste titre que les compagnies « low-cost » ont ouvert la voie de la régionalisation du transport aérien et par ricochet du tourisme. Désenclavant à divers niveaux des villes, des départements, des régions. Qu’importe les subventions distribuées, remarquant non sans une certaine ironie que les compagnies institutionnelles en bénéficiaient depuis plus de trente ans.

Il constate que les vols directs sont infiniment plus faciles, donc moins anxiogènes pour la plupart des voyageurs que les vols avec correspondance. Beaucoup plus rapides également. Il constate que la plupart des comparateurs de vols se basent sur la quantitatif plutôt que sur la qualitatif. Ce qui lui semble inéquitable et préjudiciable au développement touristique.

Plus intéressant, avec beaucoup de bon sens et en s’associant à la pensée de Michael O’ Leary. Laurent Magnin remarque que la concurrence actuelle directe n’est plus totalement celle des autres transporteurs compétiteurs du marché de l’aérien. Mais des nombreuses pulsions d’achat des consommateurs les plus jeunes. Une conséquence de la société de consommation.

L’instantanéité étant surtout l’apanage des jeunes générations.

Cette intéressante vision du marché ne doit pas occulter la principale raison de cette conférence de presse.

La mise en place, toute l’année, de la desserte hebdomadaire de l’île de la Réunion : Six mois exactement après l’inauguration de la ligne qui relie Lyon à l’île Bourbon, la fréquence devient annuelle.

Avec un prix d’appel de 629€ ttc en classe économique. 30 000 sièges sont vendus à ce tarif.

Avec une franchise de bagages enregistrés de 23 kg. par personne ainsi que 5 kg. de bagage cabine, un repas chaud, des divertissements sur écrans collectifs et un espace raisonnable entre les sièges. Que demander de plus ?

Il existe une classe « Premium Galaxie vendue à partir de 1 379€ ttc aller-retour pour ceux qui veulent plus de confort et de personnalisation.

Avec un taux de remplissage moyen de 89 % les résultats sont satisfaisants. Comparable au départ de Marseille. Laurent Magnin fait remarquer que contrairement à la desserte des Antilles françaises, la Réunion ne connait pas vraiment de basse saison. De plus, l’île de la Réunion est un véritable joyau touristique qui permet d’extraordinaires découvertes.

Puisque nous parlons de résultats financiers, XL Airways revendique un C.A de 300 millions d’euros et 1 millions de passagers transportés pour l’année 2014. Le groupe (Vacances Héliades / Crystal TO pèse 400 millions d’euros.) Une bonne nouvelle en appelant une autre, pour la première fois, Vacances Héliades sera bénéficiaire en 2015.

Le nombre total de salariés est de 600 personnes.

Des projets à court et moyen terme 

Toutes les dessertes aériennes seront long-courrier à compter de mars 2017. L’achat d’Airbus A.330 néo (plus économiques, plus écologiques) fait partie des projets de la compagnie et XL Airways s’intéresse de plus en plus au marché chinois.

Four clore cette démonstration, Laurent Magnin estime que tous les feux sont au vert pour X.L Airways :

– Toutes les destinations sont porteuses : République Dominicaine – U.S.A – Mexique – Antilles ;
– Le modèle économique de X.L Airways est rodée et pérenne ;
– L’offre tarifaire particulièrement attractive;
– 30 % de ventes sont effectuées par le canal numérique ;
– L’intégration verticale des T.O de taille moyenne est peu impactée par la crise et profite de la nouvelle donne du tourisme.

Seul point critique, la sécurité qui est réglée par les transporteurs aériens. Laurent Magnin estime que la privatisation des aéroports n’est pas de nature à améliorer la situation.

François Teyssier





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