L’indemnité d’annulation voyages CE, c’est pas que pour les chiens 


Jack est un bien nommé Jack Russel, qui était heureux de partir en avion avec ses maîtres sur le vol Danish Air Transport DX 1805 du 14 janvier dernier qui reliait Palerme à Lampedusa. Lampedusa, une petite île de 20 km2, la plus méridionale est le point européen le plus proche des côtes africaines.

Un lieu tristement célèbre qui est souvent le terminal forcé de migrants qui prennent tous les risques pour rejoindre par la mer l’Union européenne. Mais c’est également une très agréable destination balnéaire italienne.

Pour les passagers de ce vol, rien ne se passa pas comme prévu. L’ATR de la DAT rencontra des problèmes techniques au moment du départ. Le départ fut retardé de plusieurs heures. Puis, il fut annulé.

Jack et ses maîtres ne pouvaient plus rejoindre Lampedusa.
Le vol annulé était au départ de l’Union européenne et le transporteur immatriculé dans le CEE. L’indemnité précisée par le Règlement (CE) 261/2004 du 11 février 2004 était parfaitement applicable.

Comme Jack avait un billet d’avion payé 27€, les maîtres de Jack, facétieux ou non, sollicitèrent une indemnité de 250€ en incluant leur chien dans leur demande.
Ils furent effectivement dédommagés, mais pas encore le toutou, dont le cas est toujours examiné par le transporteur. Un cas d’école.

Car possédant un titre de transport, il est théoriquement et techniquement éligible à l’indemnisation européenne. Mais, il est le premier à faire une telle demande. Il n’est jamais bon d’être novateur en quelque domaine que ce soit.

Montserrat Barriga, la Directrice générale de l’European Regions Airlines (ERA.) Association qui représente plus de 50 compagnies aériennes régionales européennes, a exprimé son vif mécontentement, et fustigé les propriétaires de Jack pour avoir osé formuler une telle demande.

Madame la Directrice générale manque certainement un peu d’humour. Ou alors elle avait compris qu’une porte pouvait être entr’ouverte à des demandes futures ?

Mais ce cas unique et singulier ne devrait pas ruiner les transporteurs aériens. Car il faut rappeler que seulement 2 % environ des indemnités exigibles sont effectivement versées par des compagnies qui résistent.

François Teyssier





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