Karavel et Plein Vent, une histoire de famille finalement


À priori, quand on écoute Joost Bourlon (photo), le Directeur Général de Plein Vent, tout va bien, tout se passe dans le calme et le TO peut reprendre la route sur laquelle il s’est engagé voilà plus de 40 ans. Comme il le dit : « Le nouveau Plein Vent est arrivé ; mais il n’est pas tellement différent de l’ancien ».

Et cela dit tout : le TO garde son autonomie, ses équipes, et même son service comptable. Son offre reste inchangée à 95 %, son positionnement « entrée de gamme » aussi, avec la garantie du prix le plus bas, comme toujours ; il conserve aussi son tableau de prix, ses tarifs spéciaux enfant et ses « premières «

Après l’Albanie, Plein vent aura aussi ses propres nouveautés « destinations », avec le Portugal, en séjour demi pension, à l’hôtel 4* Do Mar, et l’Arménie, en circuit de 7 jours.

En plus, malgré la période délicate qu’il vient de traverser, il n’y a eu aucune rupture avec les fournisseurs dont les contrats sont toujours signés en mars pour l’année suivante.

De même que 80 % des accords de distribution sont signés ; reste encore en discussion Leclerc et Tourcom… en voie de règlement.

Bref, l’ouragan 2015 est passé, bien passé, et il n’a pas fait trop de dégâts.

Seuls 4 commerciaux, déjà remplacés, ont quitté la maison et la totalité de l’encadrement est encore fidèle au poste ; à une nuance près, pour Carole Pellicer, à qui l’on souhaite un prompt rétablissement.

Seul ombre au tableau : la brochure est arrivée en agence, mais avec 4 semaines de retard…

Devant un tel bilan, on est tenté de se dire que Joost Bourlon est un champion de la langue de bois ; quand même !? Être avalé par Karavel, ça ne peut pas être aussi simple, ni se passer sans une petite douleur quelque part…

Et bien, on irait sans doute un peu vite.

D’abord, il faut se rappeler que Plein Vent, finalement, a été créé longtemps avant Internet bien sûr, mais tout à fait dans le même état d’esprit que Karavel : du stock plutôt que de la profondeur dans l’offre et, surtout, vendre vite, accélérer au maximum les flux financiers à moindre coût…

Entre les deux sociétés, au fond, il y a presque un air de famille ; Plein vent dans le rôle du papy ; sa nouvelle maison mère dans celui de la génération montante.

Dans ces conditions, on se comprend vite et il n’y a rien de vraiment surprenant dans le fait que papy connaissent un regain de jouvence et l’accepte sans trop d’états d’âme.

Le sang neuf lui apporte de la force de négociation et d’achat, un plan de vol plus riche, où les forces de chacun, l’un en province, l’autre sur Paris et l’île de France, se combinent et permettent d’optimiser le remplissage des appareils, des outils technologiques identiques mais une compétence du rejeton supérieur à celle de papy…

Pourquoi refuser la transfusion ? Elle lui permet, par exemple, de proposer encore la Tunisie, avec deux hôtels en tout compris, le Palm Beach 4* d’Hamamet, et le Ksar Djerba 3*…

Ensuite, Plein Vent dispose d’un atout, celui de tous les vrais papys : il est enraciné. Bien implanté dans la distribution, le TO connaît les agences et les agences le connaissent bien.

Ça rassure, ce genre de proximité, et c’est justement une des choses que Karavel recherche le plus. Or, comme dit le proverbe : « les amis de mon papy sont mes amis », et les papys, c’est bien connu, ça ne refusent rien aux rejetons de leurs rejetons.

Du coup, Karavel, qui jouit déjà d’une place majeure sur le marché en ligne, voit d’un œil complaisant la possibilité d’être aussi, grâce à Plein Vent, un acteur rassurant auprès des agences, histoire d’être en force sur chaque front de la distribution.

D’ailleurs, Joost Bourlon ne s’est jamais senti plus proche des agences que depuis qu’il fait découvrir à sa nouvelle maison mère leur pertinence indiscutable dans une stratégie commerciale globale.

Enfin, Plein Vent est un habitué des fonds d’investissement… Avant LBO, il en a connu d’autres qui sont arrivés puis repartis avant d’être aussitôt remplacés : il a même connu un LMBO, une reprise par ces cadres.

Ce grandes manœuvres financières, forcément, ça n’impressionne plus qu’en fin de bouche, surtout quand ça a la saveur d’une histoire de famille.

Alors non ; Joost Bourlon est juste calme, sobre, simple… Et la langue de bois a bien l’air d’être le cadet de ses soucis.

Certes les retours de ses commerciaux lui signale que ça bouge un peu en agence, mais il lui en faudrait certainement plus pour être entièrement serein, aussi.

Bertrand Figuier





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