Je rentre de voyage à Bangkok, tout va très bien, merci ! par JL Dufrenne


La Quotidienne publie le témoignage de Jean-Luc Dufrenne, un ami de la rédaction, bien connu des professionnels du tourisme, qui s’étonne de la psychose actuelle et la peur de voyager. Nous lui laissons la parole.

« Comme une ou deux fois dans l’année, je me rends à Bangkok pour y retrouver des amis et profiter aussi de quelques jours de repos. Lorsque j’ai décollé le 24 février dernier de Paris, la psychose liée au coronavirus n’avait pas encore tétanisé la France. Evidemment, le sujet était déjà sur toutes les lèvres et je m’attendais à voir un aéroport de Roissy sous vigilance renforcée : rien, nada, queutschi !

J’ai emprunté la compagnie Royal Jordanian. L’escale a Amma s’est passée dans les meilleures conditions et dans l’avion, même si le vol était plein à 70 % sans doute, aucune psychose, aucune invasion de masques de protection. Le salon à Amman était presque vide mais c’était la nuit.

Arrivé à Bangkok, je m’attendais une fois encore à voir se déverser une marée de visages barrés de ces masques tantôt blancs, tantôt noirs, tantôt verts mais à vrai dire pas plus qu’à l’habitude (cela est une pratique courante dans de nombreux pays d’Asie).
Aucun contrôle renforcé à l’aéroport par ailleurs.

Le soir même , nous avions rendez vous avec des amis de Bankgok dans un très bon restaurant Khinlomchomsaphan au bord du chao praya ; Ce restaurant, fréquenté par une grande majorité de bangkokais, était plein à craquer. Des couples, des familles, un orchestre ….bref, un restaurant qui, comme des milliers d’autres à Bangkok, ne semblait pas impacté par la déflagration coronavirale.

Puis, autour de Silom, le quartier qui vit le plus la nuit, une horde (mais c’est l’habitude) de locaux, de touristes, qui se retrouvent pour s’amuser, boire et manger en terrasse ou dans ces milliers de micro restaurants de rue où la qualité des plats est remarquable (tout est cuit devant vous et à la minute !)
Je suis ensuite monté dans le Nord Est à Korat (ou dénommée maintenant Nakorn Ratachissima).

Cette grande ville, peu connue des touristes, fut mise récemment sur la sellette suite à un attentat terroriste au cœur d’un centre commercial. Nous y rejoignions un ami originaire de cette même ville. Pour le coup, le centre commercial concerné était vide.

J’ai pu juger de moi-même en allant explorer les 6 étages de cet « autre temple » du commerce. J’ai du croiser 10 visiteurs sur plus de 4000 m2 de surface de vente. Par contre, le reste de la ville ne semblait pas marquer par un quelconque ralentissement.

Puis, en route pour Jomtien qui, en dehors de l’image très touristique qu’elle véhicule, peut réserver de très belles surprises (lorsque l’on connait !).

Ma déformation professionnelle m’a incité à aller faire un tour à Pattaya beach (d’abord pour son grand espace commercial unique dédié à l’électronique) mais aussi pour « humer » l’atmosphère.

Même si, dans la presse locale, beaucoup d’hôteliers se plaignaient d’une baisse énorme de fréquentation, les rues ne semblaient pas vides pour autant et la fameuse « walking street » faisait son plein de touristes de tous horizons. Ici encore, peu de masques de protection, des clients dans les boutiques et les restaurants, des plages sans doute moins fréquentées mais aucune sensation de psychose, de mal être.

C’est alors que, quelques jours plus tard, en lisant la presse, je découvre d’abord que la France passe à un niveau d’alerte supérieur et que, dans le même temps, la Thaïlande envisage de classer la France comme pays « à risque ».

Autant vous dire que lorsque vous êtes à la veille de votre retour à Paris, cela vous interpelle au premier chef. C’est aussi la question que se pose nombre de nos clients : partir dans un pays mais risquer ensuite d’être confiné sur place peut déclencher un traumatisme que les clients ne sont pas prêts à vivre.
Se demander, ensuite, à quel type de contrôle vous allez être soumis à votre retour à Paris peut aussi constituer un second traumatisme.

Ce n’est donc pas, pour ma part, dans ce sentiment traumatique que je me trouvais hier soir mais plutôt dans un état de curiosité engendré par mon statut de persona non grata en Thaïlande et de ressortissant français rentrant d’Asie au retour.

Qu’elle ne fut pas ma surprise de découvrir à Bangkok un aéroport peu fréquenté certes (c’était la fin de soirée) mais sans aucune mesure renforcée de contrôle sanitaire : rien, queutschi, nada !

Il en fut de même à l’arrivée à Roissy 2 où nous ne fumes soumis à aucun contrôle sanitaire renforcé et où la fréquentation, nettement en baisse, favorisait la fluidité du passage en douanes, la livraison bagages et la sortie de l’aérogare.

Les hasards de l’agenda faisaient que se tenait juste à mon retour le conseil d’administration de mars des Entreprises Du Voyage auquel je me suis rendu à la sortie de l’avion. Mes collègues détaillaient, avec justesse et aussi anxiété, les conséquences réelles de la situation coronavirale dans chacun des grands métiers des EDV : distribution, production, voyage d’affaires, voyages de groupes, voyages scolaires, MICE : aucun secteur n’est épargné.

En écoutant avec attention ces constats alarmants, je ne pouvais que faire le rapprochement avec ce que je venais de vivre quelques heures auparavant et en déduire le décalage énorme entre les annonces diverses diffusées (émanant aussi de nos politiques) et la réalité sur le terrain : des mondes, pour le coup, sans viralité !

En conclusion, le stade 3 de l’épidémie qui s’annonce devrait s’accompagner de mesures sanitaires détaillées à respecter. Le site « conseils aux voyageurs » du MAE fait, par ailleurs, l’objet d’une mise à jour constante. On ne peut donc que conseiller à nos clients qui souhaitent voyager (et que nous encouragerons à voyager) de le faire en tenant compte des mesures de prévention publiées et de ne pas se rendre dans les destinations « encore » interdites à ce jour.

Dans ces conditions, et comme je viens de le vivre, tout se déroulera normalement voire même mieux que d’habitude en raison de la baisse avérée de fréquentation.

Dans tous les autres cas, le client qui souhaite reporter ou annuler son voyage le fera à ses frais, s’ils existent.
Comme nous tous, j’aspire à une sortie la plus rapide possible de cette nouvelle crise dont la désinformation constitue, une fois encore, notre ennemi n°1 !

Jean-Luc Dufrenne





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