Destination Israël : Interview exclusive avec Véronique Louria, du tourisme national israélien
6 février 2026 Evelyne Dreyfus Aucun commentaire Pays IMTM 2026, International Mediterranean Tourism Market, Israel, Véronique Louria 2236 vues
La Quotidienne a rencontré sur place Véronique Louria, la Directrice des Relations Internationales et Conseillère Tourisme auprès du Ministre et du Directeur Général, à l’occasion du salon IMTM 2026 (International Mediterranean Tourism Market) – L’occasion de faire le point sur la stratégie de l’Etat hébreu en matière de tourisme et de voyages pour la clientèle internationale.
La Quotidienne : Est-ce que l’Israël qu’on décrit chez nous est le même, que celui que vivent les touristes qui viennent sur place ou pas ?
Véronique Louria : Si on parle des médias, évidemment, ce n’est pas la même chose que pour les touristes.
Tous les touristes qui viennent en Israël sont surpris dès qu’ils atterrissent à l’aéroport.
Ils voient le calme, la vie qui continue, les Israéliens qui font du footing sur la plage à Tel Aviv, qui jouent au football, vont dans les supermarchés.
Tout fonctionne normalement, même à Jérusalem et dans toutes les grandes villes. Le problème, c’est la perception, à l’étranger ce n’est pas la réalité que nous vivons
LQ : Voyager en Israël, aujourd’hui dans le contexte du moment, est-ce un risque réel ou une peur exagérée ?
VL : Voyager en Israël ou décider de passer des vacances ici, c’est très personnel mais le gouvernement français maintient toujours le niveau 2 de sécurité.
Ça pèse sur les assurances et les décisions de certains touristes, même si la sécurité sur le terrain est réelle. Vous pouvez aller vous promener librement et constater.
LQ : Qui, à l’heure actuelle, continue le plus à venir ?
VL : Ceux qui continuent le plus à venir sont les Américains, les Allemands et les Français. En 2025, nous avons terminé l’année avec 1 314 000 touristes, ce qui est très satisfaisant malgré le conflit.
LQ : Est-ce que vraiment le tourisme peut d’une certaine manière améliorer l’image d’un pays à l’international ?
VL : Oui, il faut venir, visiter, marcher, manger, aller à Tel Aviv, Jérusalem, Nazareth, Akko, la mer Morte et vivre l’expérience pour comprendre. Il ne faut pas seulement écouter les informations tous les soirs sans vraiment comprendre.
LQ : Est-ce que le salon IMTM 2026 est plutôt une vitrine de la résistance ou un vrai tournant pour la destination ?
VL : Le dernier salon avait été repoussé à juin 2025 à cause du conflit.
Cette année, au moins dix pays du Sud ont décidé d’avoir un stand, dont l’Inde, la Chine, Taïwan, le Canada, l’Afrique du Sud, la Bulgarie, et des délégations du Monténégro, de Chypre, de Grèce, d’Azerbaïdjan et de Géorgie.
C’est une grande opportunité pour connaître Israël et découvrir le pays autrement.
LQ : Quel est le principal frein au redémarrage ?
VL : Le gros obstacle, c’est la perception d’Israël. Tant que les visiteurs n’ont pas vu Israël en vrai, ils sont influencés par les médias qui entretiennent l’idée de guerre et il est difficile de changer cette image.
LQ : Que pouvez-vous faire pour contrer cette image ?
VL : Il faut inviter les journalistes, les tour-opérateurs et les influenceurs pour qu’ils découvrent Israël autrement, montrer qu’on peut vivre des expériences authentiques, visiter la campagne, les villages, les kiboutzim, le nord, le sud, déguster des vins dans le Negev, et explorer des facettes différentes du pays.
LQ : Et quel serait l’argument le plus fort pour des agents de voyage, que vous pourriez mettre en avant ?
VL: Venir redécouvrir Israël. Ce qui fait la différence, c’est l’expérience vécue, rencontrer les habitants, découvrir le pays dans sa diversité et son authenticité.
Nous allons développer des “women trips”, inviter des célébrités et influenceurs, faire beaucoup de relations publiques pour promouvoir Israël et faciliter l’accès avec des e-visas pour certains.
LQ : Qu’est-ce que vous auriez pu faire mieux, en termes de communication ces dernières années ?
VL : Difficile de faire mieux, parce qu’on dépend aussi du transport, des vols qui s’arrêtent, des compagnies aériennes qui ne veulent pas venir en Israël, et de la perception des médias et des gouvernements étrangers.
Même avec les meilleures campagnes de communication, si un pays est dans les conflits et qu’il y a des boycotts sur certains salons, ce n’est pas quelque chose que l’on peut influencer complètement.
LQ : Quel est le cœur de cible de votre clientèle ?
VL : Nous n’avons pas de stratégie particulière. Les jeunes de 20 à 30 ans par exemple sont très importants pour nous, les start-upistes, ceux qui veulent découvrir et explorer le monde.
Nous allons aussi travailler plus sur les pèlerinages et nous renforcer en direction de la Chine, des pays d’Asie centrale et des Balkans.
Propos recueillis par Evelyne Dreyfus
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