Un Plan Marshall du tourisme pour David Lisnard


« Aujourd’hui, le tourisme est la filière économique la plus lourdement et durablement sinistrée. Le secteur est totalement à l’arrêt. Or, il est le premier créateur d’emplois et de richesse du pays, il représente 7 % du PIB du pays, bien plus dans certains territoires. Il y a donc urgence absolue pour les entreprises liées au tourisme. Il faut en prendre conscience, agir tout de suite vite et fort« .

Ce constat du maire de Cannes et Président du Comité Régional du Tourisme Côte d’Azur France, David Lisnard, est partagé par de très nombreux professionnels du tourisme, impatients de sortir le plus rapidement possible de ce véritable cauchemar sanitaire et économique.

« Le président de la république a évoqué à plusieurs reprises et encore hier « un plan pour le tourisme ». Il doit maintenant arriver, être massif, tourné vers la demande et l’investissement, finalisé avec les professionnels et les destinations, poursuit David Lisnard. « Une réunion est en cours avec des associations du secteur et il faut qu’elle débouche sur du concret et des mesures efficaces. Car le lancement d’une phase de concertation d’un mois auprès des professionnels par le Gouvernement ne répond pas à cette urgence.

Nous avons besoin immédiatement d’un calendrier précis, méthodique, resserré dans le temps, affiché et partagé. Les professionnels (hôtels, restaurants, professionnels de l’événementiel, du transport de personnes, etc.) ont besoin d’un objectif de date de réouverture claire, à l’instar de ce qui a été annoncé pour d’autres secteurs, conforme aux exigences de santé publique.

La déclaration du Président n’a pas donné de perspective pour le secteur du tourisme et une reprise cet été. L’horizon des possibles semble toujours s’éloigner. Pour les destinations, les événementiels continuent de tomber jusqu’à la mi-juillet et comme certains commençaient vers le 10 juillet pour se terminer vers la fin juillet tous les événements semblent compromis.

D’autres messages plus positifs qui méritent d’être confirmés et précisés par les pouvoirs publics :

• l’évocation de l’annulation de charges nécessaire à la survie de bon nombre d’entreprises du secteur si la reprise devait être repoussée au-delà de juin : s’agit-il des charges fiscales et sociales des entreprises ? une exonération de la Tva pourrait-elle être envisagée jusqu’à la fin de l’année pour éviter les faillites en cascade ?

• les conditions de la poursuite du chômage partiel dans les mois à venir doivent être connues;

• il faut une reconnaissance d’un état d’urgence sanitaire pour permettre aux entreprises de bénéficier d’un accompagnement financier concret des assurances ;

• qu’en est-il concrètement de la demande aux banquiers d’aller plus vite et plus loin sur la question du soutien financier aux entreprises ?

Au-delà des mesures immédiates de trésorerie, de passage du tunnel économique de la fermeture pour nos professionnels pour permettre au plus grand nombre de survivre, il faut un plan Marshall pour le tourisme, avec notamment des moyens de promotion sans commune mesure avec ce qui a été fait ces dernières années après les attentats. Il est inconcevable que l’organisme de promotion du gouvernement, Atout France, ne cofinance pas les plans de relance d’ores et déjà prévus par les destinations (en Côte d’Azur, avec les collectivités locales et les professionnels, nous avons déjà abondé un plan de 2 M€).

Nous souhaitons connaître dans les délais les plus courts le plan spécifique évoqué pour les secteurs du tourisme, de l’hôtellerie, de la restauration, de la culture et de l’événementiel qui ne semble pas encore avoir été travaillé pour une sortie de crise, comme en témoigne le tweet de Jean-Baptiste Lemoyne à 10h ce matin : « conférence téléphonique avec Bruno Le Maire et l’ensemble des filières économiques. Nous réunirons ensemble cette semaine les représentants de l’hôtellerie restauration pour travailler aux mesures de soutien à ce secteur qui irrigue tous nos territoires ! ».

Les territoires travaillent déjà sur des plans de rebond (de même que l’UMIH élabore des guides pratiques pour exercer les métiers de l’accueil pour préserver la santé des salariés et des clients).

Le Gouvernement se doit d’abonder ces plans de promotion mais aussi marketing et commerciaux à hauteur de plusieurs centaines de millions d’euros. Atout France n’intervenait jusqu’à présent qu’auprès des clientèles internationales. Il ne serait pas pensable que l’agence gouvernementale n’intervienne pas sur des plans ciblant la France, ce qui sera sans doute le territoire réduit qui nous sera autorisé dans les prochains mois.

Il est temps de renverser la table et donc si nécessaire les missions de chacun en les adaptant à la nécessité du moment. Si Atout France doit abonder financièrement et faire bénéficier les destinations de ses compétences marketing pour des opérations de relance, il faut le faire au plus tôt. Ses équipes en ont la compétence et la motivation.

Enfin, une cohérence européenne est indispensable. Le tourisme doit être porté par le président de la République au sein des instances européennes comme une grande cause nécessitant des grands moyens ; notamment la nécessité d’une harmonisation des sorties de confinement et des déplacements au risque de très grandes inégalités entre les professionnels des différents pays alors que les frontières européennes devraient rester fermer encore plusieurs mois. »





    2 commentaires pour “Un Plan Marshall du tourisme pour David Lisnard

    1. Lisnard est un touriste amateur qui espère mendier un poste ministériel dans un futur virtuel. Il invente des stratégies sur un domaine qu’il ne maîtrise pas du tout.Faire un plan marshall, c’est comme imaginer qu’il sera ministre de la culture parce qu’il sponsorise les ninjas warriors, NRJ music awards ou les plages électroniques…! ça c’est de la culture … de beauf. Le tourisme n’a pas besoin de guignols de son espèce.

    2. Qu’en est il des voyages réservés en agence avant le confinement ou des acomptes ont été versés pour un départ mi-septembre (Portugal) ? Mon agence de voyages parle d’un remboursement 18 mois après la date de départ prévue. Je ne souhaite pas une solution de remplacement, la confiance est perdue.

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