Travailler c’est trop dur et Voler c’est pas beau ?


Je sais bien que le sujet est à la mode, ce n’est pas une raison pour laisser passer tout et n’importe quoi en ce qui concerne le « bashing » du transport aérien. Il est temps de mettre un terme aux idées la plupart du temps farfelues développées par certains élus ou personnages en quête de notoriété.

Nous sommes tous d’accord pour dire que la planète est en danger et que l’on ne peut plus consommer de la même manière que par le passé. Nous sommes tous d’accord pour dénoncer le gaspillage des ressources. L’accumulation des déchets non recyclables, la pollution des rivières et des océans nous touche aussi bien que tous les écologistes. Nous sommes tous sensibles au dérèglement climatique. Est-ce une raison pour lancer des invectives qui une fois reprises deviennent des vérités ?

Le transport aérien est devenu la cible actuelle de tous ceux qui s’érigent en gestionnaires avisés de la planète. (Vendredi dernier l’Assemblée nationale a rejeté l’idée de taxer le kérosène sur les seuls vols intérieurs qui aurait fragilisé les compagnies françaises sans avoir un réel impact sur l’environnement, ndlr).

Et il est facile de montrer du doigt ce moyen de communication, soit disant réservé aux riches et qui ne cesse de peser sur l’empreinte carbone.
Partant ce de concept, on peut tout démontrer. Et d’abord qu’il faut arrêter des vols domestiques sur des destinations où le train ne met pas plus de 2 heures par rapport à l’avion. Et puis qu’il faut utiliser la taxation pour concrétiser la nocivité de ce moyen de transport.

Eh, bien, parlons-en justement. Ce n’est pas ici le lieu de faire des comparaisons entre la capacité de pollution des différents moyens de transport. On compare régulièrement ce qui n’est pas comparable. Le train est certes moins consommateur d’énergie par passager/kilomètre, sauf si on prend en compte les nécessaires infrastructures qu’il faut bien construire et entretenir.

A ne regarder que les phénomènes écologiques, la solution consiste à stopper tous les modes de communication y compris les ordinateurs et les réseaux sociaux très gros consommateurs d’énergie pour le seul stockage et le transport des données.

Et puis c’est oublier un peu vite les efforts faits par l’ensemble du secteur aéronautique pour diminuer son empreinte carbone et ce depuis des années. Un groupe comme Air France/KLM par exemple, est depuis longtemps engagé dans cette voie, non seulement par pure citoyenneté, mais également pour des raisons économiques.

Après tout les économies d’énergie restent un moyen sûr de gagner de l’argent. Les investissements du groupe portent sur l’ensemble du spectre du produit.

C’est ainsi que les sandwichs ont une production bio, que les casques audio sont reconditionnés, que la presse a été digitalisée que depuis 2011, en dépit de la nette croissance du nombre de mouvements et de passagers, la consommation d’eau a diminué de 6 % et la production de déchets de 4 %.

Mais ce n’est pas tout. 50 % des engins de pistes marchent à l’électricité. La consommation d’énergie a été réduite de 23 % en utilisant entre autres des appareils moins consommateurs de carburant et dont moins producteurs de CO2. Une filière de bio-carburant a été développée. 1300 tonnes ont été utilisées par la seule KLM.
Au total, la production de CO2 a été diminuée de près de 22 % depuis 2011.

Et ce n’est pas fini. Le groupe compense les émissions de CO2 en replantant des arbres. 85.500 plantés par Air France dans le cadre du programme « Trip and Tree ». 312 hectares de forêt tropicale ont été replantés an Panama par KLM.

Pourquoi cet accumulation de chiffres ? Tout simplement pour montrer que le transport aérien et les compagnies aériennes en particulier ne se contentent pas de discours, mais qu’elles agissent.

Et d’ailleurs elles entendent bien poursuivre leurs efforts dans la diminution de leur empreinte carbone jusqu’à atteindre une totale compensation d’ici 2050 et sans doute avant. Le tout en poursuivant la croissance de ce secteur.

Car, il ne faudrait tout de même pas oublier ce qu’amène le transport aérien. D’abord de la liberté laquelle est un inestimable facteur de paix. Et puis c’est un élément de croissance économique prodigieux.

L’impact économique d’Air France sur le seul territoire métropolitain est de 22 milliards d’€. KLM est le 3 ème employeur des Pays Bas.

Les seuls vols de Ryanair ont permis d’irriguer les campagnes de la France du Sud qui se désertifiaient.
Et, dernier constat, le transport aérien a arrêté d’être réservé aux riches. La quasi-totalité des classes de population y ont maintenant accès, et c’est très bien, et ce n’est pas encore fini.

Alors, Mme Batho et Mr Ruffin, il ne suffit pas de proposer des solutions malthusiennes, il faut voir ce qui a été fait et comment accompagner intelligemment ce qui reste encore à faire tout en conservant ce qui reste une richesse majeure de notre civilisation.

Jean-Louis Baroux





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