Sainte Hélène, une destination qui prend de l’ampleur


Destination branchée, je ne sais pas, mais reliée c’est désormais une évidence. L’île qui fut le dernier lieu de résidence de Napoléon Bonaparte est depuis l’ouverture de St Helena Airport un lieu relié au reste du monde. Rien ne sera plus tout à fait comme avant. Et, ce ne fut pas facile.

Baptisé par les médias anglais comme « l’aéroport le plus inutile au monde » sa construction fut un défi permanent. Financier d’abord, car il coûta au total 285 millions de livres sterling aux contribuables anglais. L’île fut dotée d’une subvention annuelle de 26 millions de livres par an pour le construire. Soit une somme supérieure au total des revenus annuels cumulés des 4 534 habitants de l’île. Leur revenu moyen n’excède pas 8 200€ par an.

Les retards s’accumulèrent et sa mise en service fut effective au terme d’un retard de 5 ans.
Il est facile d’imaginer les contraintes logistiques imposées par un lieu aussi isolé.

Le premier défi fut de trouver un espace plat suffisant pour créer une piste de 1 930 m. Il fallut araser une montagne et remblayer une vallée avec 7 millions de m3 de terres. Une véritable prouesse technique au crédit de l’ingénierie anglaise.

Parlons de Sainte Hélène. L’île mesure 16 kilomètres sur 8, donc une superficie de 128 km2. Elle est située dans l’océan Atlantique sud, au milieu de nulle part.

À 1968 km des côtes du sud-ouest africain le plus proche. Elle est entourée de falaises d’origine volcanique qui rendent son accès particulièrement difficile depuis la mer.

Depuis le 14 octobre dernier, Sainte Hélène est désormais desservie par un vol hebdomadaire Airlink qui part de Johannesburg pour un vol de 6 heures et une escale à Windhoek pour faire le plein de carburant.

Le prix par personne s’élève à 900€ par personne et par trajet.
Une véritable aventure pour les 68 passagers qui peuvent désormais l’emprunter.

Auparavant, Sainte Hélène était reliée toutes les 3 semaines par le RMS St Helena. Le bateau de la poste royale qui était l’unique lien avec la civilisation. L’ultime liaison fut effectuée le 5 février dernier.

Pour mémoire, le trajet entre Le Cap et l’île durait 6 jours et coûtait 4 665€. Une véritable fortune pour les insulaires. Mais tous regrettent déjà, car ce bateau qui faisait partie des traditions. Et les traditions sont importantes pour les Anglais.

Restent les touristes. 3 795 visitèrent l’île entre mai 2016 et mai 2017.

Ambitieux le gouvernement britannique prévoit 30 000 touristes par an et table sur une augmentation des rotations aériennes avec la mince espérance de rentabiliser l’aéroport.

Logiquement, les Français et le souvenir napoléonien semblent être les plus concernés pour se recueillir à Longwood house ou Napoléon passa les 6 dernières années de sa vie. Qui, avec la vallée du tombeau et le pavillon des Briars forment un sanctuaire de 14 hectares qui appartient à la France.

Mais l’île est véritable paradis pour les botanistes et les zoologistes peuvent découvrir les dauphins qui fréquentent ses eaux. Ces ressources touristiques pourraient aider la population locale à devenir financièrement indépendante.

Quel organisateur pourrait oser prendre le risque de programmer cette nouvelle et originale destination ?

François Teyssier





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