La pression monte chez Selectour


Laurent Abitbol veut modifier en profondeur le fonctionnement de Selectour. Il a en tête un grand projet qu’il a déjà présenté aux 17 administrateurs actuels du réseau. Il devra néanmoins attendre les résultats des élections du 22 juin prochain (6 administrateurs sortent et 5 seront des nouveaux élus) pour avoir l’aval nécessaire à la conduite de ses ambitions. A Berlin, dans le cadre des forces de ventes affaires, nous l’avons interrogé sur son état d’esprit à moins de deux semaines du scrutin.

La Quotidienne : Envisagez-vous de perdre la présidence de Selectour ?

Laurent Abitbol : Evidemment que non bien sûr ! Je fais confiance au bon sens, à la lucidité et à la vision à long terme des sages du réseau Selectour.
Malgré les critiques, à mon avis infondées, dont je fais l’objet, j’ai toujours tenu mes engagements et fais la preuve de ma détermination dans l’atteinte des objectifs. Je gère 17 sociétés au sein de Selectour. Je connais le tourisme et ses grands enjeux. Je sais que le chemin que je trace est le bon.

LQ : Que répondez vous à ceux qui vous accusent de vouloir faire main basse sur le réseau ?

LA : Ils ont une vision rétrograde de la réalité. Je cherche à faire grandir Selectour. Mon projet est de faire franchir encore un palier à la coopérative. Lui donner les moyens de progresser avec sérénité pour le plus grand bien de tous les adhérents. Le principe, une voix-un vote est inaltérable mais entre une agence qui fait 100 millions d’euros de CA et celle qui fait 20 000 euros, il y a une différence.

La possibilité de devenir actionnaire, selon ses moyens, devrait permettre d’augmenter le capital de Selectour et lui donner les moyens de s’octroyer les outils technologiques nécessaires pour réussir. Chacun percevra des dividendes à la hauteur de son investissement.

LQ : En quoi consiste votre new Cop ?

LA : Il nous faut une augmentation de capital pour avoir les moyens de nos ambitions. Pour lutter efficacement dans la cour des grands, nous devons progresser en matière technologique et cela coûte cher. Aujourd’hui il y a 15 000 actions au capital (l’action vaut en ce moment 6 euros, soit 90 000 euros, ndlr). Il faut déplafonner cela mais avec le principe qu’un adhérent seul ne puisse jamais dépasser 15 % du nouveau capital.

Cet appel d’air permettra un équilibre au sein du réseau avec des grandes agences (Salaün, Bleu Voyages, Tourexcel, Penchard, Examonde, Véron, etc) et des plus petites, indispensables pour notre maillage national.

Les gros ont besoin des petits et les petits ont besoin des gros. Les super bénéfices seront distribués aux porteurs d’actions proportionnellement à leur investissement.

LQ : Quel est le but du GIE avec Havas Voyages ?

LA: Le GIE, créé en 2016, est en fait une super centrale d’achat qui devrait générer quelques 2 millions d’euros de recette supplémentaire en 2017. Tout ce qui peut faire jouer la synergie entre Selectour et Havas se fera. Aujourd’hui il représente 1 800 points de ventes et 4 milliards d’euros de volume d’affaires.

LQ : Comment voyez-vous Selectour dans 5 ans ?

LA : Nous ne voulons plus nous défendre, nous voulons désormais attaquer. Depuis 1 an, les contrats fournisseurs se sont améliorés. Le contrat avec Amadeus est le plus beau que nous ayons jamais signé et le GIE avec Havas Voyages commence à porter ses fruits.

Avant, à l’époque de Philippe Demonchy, il y avait une grande discipline des adhérents, un pilotage réel des ventes fournisseurs et une labellisation forte de la marque. C’est finalement ce que je cherche moi aussi à obtenir. Un retour aux fondamentaux du réseau.

Il faut de l’expérience pour diriger efficacement un réseau comme Selectour. J’ai acheté 450 agence en 10 ans dont 17 sociétés au sein de Selectour. Je sais comment les faire marcher. Mais je ne supporterai pas d’avoir à me battre à chaque conseil d’administration pour faire avancer mes idées.

Avec l’embellie actuelle de l’activité, nous tablons déjà sur une progression, en 2017, entre 5 et 7 % du chiffre d’affaires pour la fin d’année. En mars 2018, c’est 5 millions d’euros supplémentaires qui devraient être redistribués. J’en suis fier et très satisfait.

Dans 5 ans, nous aurons un réseau fédéré, en parfait ordre de marche, crédible auprès des fournisseurs et reconnu sur le marché du voyage d’affaires au même niveau que les grandes TMC telles Amex ou Carlson Wagonlits. Cela ne peut pas être autrement !

Propos recueillis à Berlin par PR





    2 commentaires pour “La pression monte chez Selectour

    1. Emirates tient à déclarer que la politique de pilotage des ventes, mise en place par Selectour, sous la présidence de Laurent Abitbol, et sous la houlette de ce dernier, a apporté une valeur déterminante au partenariat qui lie les deux parties. Emirates n’aurait jamais accepté les conditions d’un tel contrat de partenariat sans cette forte impulsion commerciale. Tout changement de politique commerciale de Selectour pouvant découler, entre autre, d’un nouveau changement de gouvernance, impliquerait à minima de la part d’Emirates une possible révision des clauses du contrat, voire un retrait pur et simple le cas échéant.

      Daniel Moszynski
      Service de presse Emirates

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