Les conducteurs d’autocars franchement pas à la fête


pour la fête des Lumières de Lyon

Photo JP 2

Ils sont venus, ils sont tous là… venus de tous les coins de France et d’Europe pour assister à cet évènement nocturne de renommée internationale : la prestigieuse fête des lumières, qui balaye de ses projecteurs, métamorphose, donne vie, à tous les immeubles et les sites-clé de la ville de Lyon.

Depuis 1852, les habitants de la capitale des Gaules rendent hommage à la Vierge Marie chaque 8 décembre en déposant symboliquement des lampions sur le rebord de leurs fenêtres, en hommage à la délivrance miraculeuse de la peste, deux siècles auparavant.

On évoque trois à quatre millions de visiteurs, peu importent les virgules, puisque on reste assuré de se faire écraser les pieds, de se frotter les uns aux autres et d’être ballotté contre son gré dans le sens du plus grand nombre… Tradition oblige et quand on aime son prochain, on ne compte pas !

Cette foule composite défile sur quatre soirées successives dès la tombée de la nuit (17h00 en cette période de l’année), aussi emmitouflée que pour entreprendre un raid en Sibérie ou bivouaquer au pied de l’Everest. Tous ces joyeux drilles pavés de bonnes motivations viennent se masser les uns contre les autres… le nez en l’air, la bouche fumante, les pieds gelés… le sac bloqué sous le coude ou les mains dans les poches par crainte de se faire détrousser…

Faut l’excuser, la Sainte Vierge… elle ne peut pas veiller à tout !

Et si d’aventure, il vous arrive à cette occasion de gravir les marches de l’Hôtel de Ville si cher à notre Gégé, vous serez ahuri de découvrir cette marée humaine, à touche-touche sur la Place des Terreaux, progressant à la queue-leu-leu à la vitesse d’un troupeau de lémuriens anesthésiés…

Mais soyons clairs et reconnaissons que cette fête des lumières est tout simplement somptueuse, et consentons que les visiteurs en ont pour leur pognon… les sites les plus emblématiques de la ville sont maquillés, grimés de lumières et de couleurs qui les animent d’une aura fantasmagorique et surréaliste.

En longeant les quais de la Saône, la gare Saint Paul, belle, une fois n’est pas coutume, nous laisse découvrir ses nouveaux habits de couleur… en poursuivant sur la rive gauche, les personnages de la célèbre Fresque des Lyonnais s’éveillent, s’animent, papotent et se rendent visite d’un balcon à l’autre… A quelques mètres de là, l’hôtel de ville s’ébouriffe de verdure, se colore de personnages et s’embrase avant de s’effondrer comme un château de cartes… la grande roue de la place Bellecour encercle un majestueux Pierrot le feu, au rythme d’éclatants feux d’artifices.

Un déluge de lumière inonde la ville entière pendant quatre soirs, ennoblissant les artères, les ruelles et l’ensemble de l’architecture urbaine, depuis les voûtes de Perrache, lugubres d’ordinaire… jusqu’au nouveau tunnel piétonnier de la Croix-Rousse, version mode-doux écolo, doté pour l’occasion de 12 programmes d’évasion en lumière, mais superflu comme nous le prouvera l’avenir … La ville en éclat, la Cathédrale Saint-Jean rayonnante, la colline de Fourvière couronnée par une Vierge sous projecteurs, les places des Jacobins, des Célestins ou de la Bourse… magiquement fardées, fleuries et méconnaissables !

Promenez-vous sur le site pour vous laisser captiver, mais prenez soin de réserver dès aujourd’hui votre nuit d’hôtel pour le 8 décembre 2014, car l’ensemble des sites d’hébergement, toutes catégories confondues, connait une prise d’assaut saisissante (qui les autorise, soulignons-le à pratiquer quelques écarts), similaire au frénétique engouement que l’on constate à l’égard des fameux petits bouchons….

Et nos conducteurs d’autocars, dans tout ça ? Car si l’on est tenu d’admettre que la Cenecefe, par voies de TGV interposées, va bien déverser son comptant de voyageurs, si l’on est bien obligé de constater que certains téméraires combinards auront utilisé leurs propres voitures, et si l’on sait que la foule des curieux est en partie composée de lyonnais ou de leurs tout proches voisins, dac… dac… !

Que fait t’on des voyageurs venus en autocar de l’étranger et de la France entière, du nord au sud, de l’est à l’ouest? Comment sont-ils accueillis ? Que fait-on pour eux ? hein ? Je vous le donne en mille : pas grand-chose de plus qu’à l’ordinaire…

Sur le site internet aménagé pour la circonstance, le visiteur peut repérer une cinquantaine d’emplacements, répartis sur les quais du Rhône ou sur l’ancien emplacement des « Roms » sous l’autopont de Perrache.

A Lyon comme partout en France, on accepte le pognon des touristes, que l’on tolère à condition qu’ils soient bien sages… En revanche, on déteste, on méprise, mieux encore… on ignore foncièrement le véhicule qui les amène ! Il n’y a pas un seul quidam dans toute la municipalité qui ait pu trouver une solution intelligente pour gérer cette situation… Conséquence pour ces centaines de conducteurs d’autocars, c’est l’article 22, démerde-toi comme tu peux !

Scénario d’une fiction tournée à Lyon-Ville-Lumière entre Rhône et Saône le 8 décembre 2013 :

Par un glacial après-midi de décembre, alors que Jérémie Richeplan, notre conducteur attitré, a enfin pu atteindre Lyon au bout du bouchon et du tunnel, il va alors devoir faire preuve d’une grande vivacité d’esprit pour dénicher l’astuce qui lui permettra de déposer ses voyageurs à l’endroit le plus propice, et de la manière la plus « express ».

Dans le même temps, il leur aura donné des consignes impératives et autoritaires pour l’opération retour… heure exacte, endroit précis, base d’orientation et de repères pour que personne ne se plante ! (Et cause toujours, tu m’intéresses… Y’en aura quand même 2 perdus !)

C’est assez assez simple non ? Ben oui… Mais ce n’est qu’un début, car après avoir fait le tour des parkings préalablement repérés, mais complets à ras bord, il faut que Jérémie tourne, tournicoti…tournicoton… en gardant son calme, pour trouver un (tout) petit coin où camper son car… il y en a déjà partout… c’est PLEIN partout…

Lorsqu’il repère enfin un espace, il ne lui reste qu’à attendre patiemment l’heure fixée pour le rendez-vous, en priant la Sainte Vierge pour qu’elle intercède auprès des flics (planqués dans leurs bagnoles bien chauffées) afin qu’ils ne viennent pas le faire dégager… vers un autre endroit improbable, au milieu d’un autre nulle part…

JR – « Putain, qu’est ce que çà caille, bordel… … Y’a même pas un bistrot pour casser la croûte à proximité

Quel binz, cette fête des lumières pour les chauffeurs… car, Jérémie n’est qu’un exemple parmi tant d’autres…. Pour sûr, ils sont franchement négligents, ou tout simplement indifférents aux réalités du terrain, les G.O. de la fête des lumières.

Au moins aussi fantaisistes que ces pseudo-professionnels qui remuent ciel et terre pour accueillir des milliers de skieurs à Saint Exupéry en saison, mais qui ne sont pas foutus d’aménager un espace d’accueil digne de ce nom pour les autocars…

Idem à la gare de la Part-Dieu, mission impossible pour atteindre les groupes de touristes….inaccessible… espace protégé, interdit d’approcher…

Inacceptable non plus, ce parcours du combattant imposé aux autocars pour se rapprocher des bateaux de croisière amarrés sur le Rhône, Quai Claude Bernard… Touche pas aux cyclistes, ni aux joggeurs !

Peu importe par contre la grimpette infligée aux passagers, septuagénaires pour la plupart, sujets à une mobilité réduite pour certains, et dont on attend pourtant, nombreuses études à l’appui, les retombées économiques et commerciales qu’un tel nombre de visiteurs est effectivement en mesure d’apporter chaque année….(22 paquebots en 2013, plus de 800 escales à Lyon et 90 000 croisiéristes accueillis).

C’est quand même un peu fort de café qu’en France, notre pays qui se dit le plus visité du monde, on soit affublé de politiques qui aspirent à une stratégie touristique… sans autocars ! Un peu con, non ?

Notre regretté Coluche aurait clamé qu’il ya de quoi se taper le c.. sur la banquise pour faire des étincelles !

Bon, pardonnons-leur… Et venez quand même tous à la prochaine fête des lumières à Lyon, çà vaut vraiment le coup !

(A suivre, cette fois ci en 2014)

Jean Pierre Michel





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