Le gouvernement allemand inquiet de la grève chez Lufthansa


Les pilotes de Lufthansa étaient en grève hier matin, au début d’un mouvement de trois jours qui va paralyser le trafic de la compagnie aérienne allemande. Son ampleur inquiétait même le gouvernement.

Sur fond de conflit sur les salaires et l’âge de départ à la retraite, le syndicat des pilotes Cockpit a appelé à la grève de mardi 22h00 GMT (minuit heure suisse) à vendredi 21h59 GMT (23h59), conduisant Lufthansa à annuler 3800 vols.

Le mouvement touche tout autant les lignes passagers de Lufthansa et de sa filiale Germanwings que les lignes de fret de Lufthansa Cargo.

Quelque 425’000 passagers affectés

La compagnie estime que 425’000 passagers seront affectés d’ici vendredi soir, mais a tout fait pour éviter la pagaille, informant les intéressés par courriels et textos à l’avance et leur proposant de voler avec d’autres compagnies. Dès mardi, une soixantaine de vols avaient été annulés pour éviter que des passagers en transit ne se retrouvent coincés en Allemagne.

Germanwings a indiqué mardi soir pouvoir assurer 600 liaisons sur la période, notamment en louant des capacités d’autres compagnies, équipage compris (wet-lease).

Recherche de compromis

Le secrétaire général de Cockpit, Jörg Handwerg, estime dans les colonnes du quotidien régional Neue Passauer Presse mercredi que la grève est « le seul moyen d’amener Lufthansa à un compromis » et qu’elle est une conséquence directe de la « ligne agressive » adoptée par la compagnie. Celle-ci veut faire travailler plus longtemps les pilotes, qui peuvent actuellement partir en retraite à 55 ans.

Le ministre des Transports Alexander Dobrindt a déploré que « chaque jour de grève entrave la mobilité de centaines de milliers de personnes« , dans un entretien au quotidien « Bild », et le vice-président du groupe parlementaire conservateur au Bundestag, Michael Fuchs, a qualifié le mouvement d' »irresponsable ».

Même à gauche les critiques sont vives, le député social-démocrate Klaus Barthel fustigeant un « mini-syndicat (qui) défend les intérêts d’un petit nombre aux dépens de beaucoup d’autres« .

Certains, notamment au sein du parti CDU de la chancelière Angela Merkel, réclament une modification du droit de grève.





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