La Réunion tord le cou aux requins


À l’occasion de la journée Mondiale des Océans, le 8 juin dernier, l’Aquarium Sea Life Paris Val d’Europe s’est mobilisé afin d’alerter l’opinion publique sur les conséquences de la pollution par les plastiques dans les océans et sensibiliser à la protection des requins à La Réunion.

Une grande chaîne de solidarité a ainsi été formée le 8 juin dernier grâce aux écoles de la commune de Serris (77). Puis, le 17 juin dernier, Patrice Bureau, Président de l’association Longitude 181 Nature, a été convié à animer une conférence sur le sujet : « Ile de La Réunion, du drame à l’arzent requin »

Patrice Bureau a avancé un début d’explication aux attaques de requins qu’il qualifie «d’accidents» en mettant en balayant certaines idées reçues sur les requins à La Réunion.

Il a notamment précisé que, dans un écosystème équilibré, les populations récifales protègent leur territoire et éliminent les juvéniles de requins bouledogues. Il n’y a donc pas de proliférations de requins bouledogues le long de la côte sur le récif.

« Les requins de La Réunion n’attaquent pas l’homme depuis 2011, les accidents ont toujours existé, l’IRD (Institut de Recherche pour le Développement) dans le programme CHARC (Connaissances de l’écologie et de l’HAbitat de deux espèces de Requins Côtiers sur la côte Ouest de la Réunion), les a recensés depuis 1980. Mais plus on remonte dans le temps, plus ils sont mal répertoriés et on en perd la trace facilement. Ceux n’aboutissant pas à un décès ne sont pas forcément tous recensés« .

L’éradication, selon lui, est un leurre en milieu ouvert. L’océan indien n’est pas une piscine et les populations de bouledogues et de tigres ne sont pas sédentaires. De plus, les prises réalisées jusque là démontrent que les requins tigres sont moins méfiants et mordent plus facilement.

Si on diminue leur population on favorisera encore plus celle des bouledogues qui sont majoritairement en cause dans les accidents.

Cette espèce est malheureusement attirée par les déchets rejetés à l’océan par les humains.

Concernant les risques pour les plongeurs, Patrice Bureau précise que les requins ont peur des bulles mais aussi de l’homme de façon plus générale. « Sinon, pour les étudier et les filmer, les scientifiques n’auraient pas besoin de les attirer avec des odeurs alléchantes ».

Longitude 181 oppose ainsi la rationalité de la connaissance de terrain, à l’expérience de la rencontre.

« En effet, nos campagnes s’intitulent souvent « les plongeurs témoignent » parce que nous sommes effectivement les témoins de ce que beaucoup de terriens n’ont jamais vu. Nous avons tout à apprendre, nous devons donc témoigner, nous plongeurs, pour faire progresser cette connaissance.

« Seule la connaissance fait fuir la peur irrationnelle de l’autre, de celui qu’on ne connaît pas » conclut Patrice Bureau.





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