La Grande Motte : Un « Brasilia » bien de chez nous


Elle part de loin La Grande Motte ! Et on pourrait même dire qu’elle revient de loin… Pour toute une génération, celle des 55-65 ans, c’était un énorme chantier duquel surgissait, de rien mais en bord de mer, une forêt de bâtiments en béton. C’était à la fin des années soixante alors que justement, l’enthousiasme pour les grands ensembles qui envahissaient nos banlieues ou les côtes espagnoles commençait à faiblir sérieusement.

bertrand FiguierMais voilà cette génération a pris de la bouteille ; elle ne fera plus l’avenir et la nostalgie a tendance à attendrir ses jugements, même les plus radicaux.

Derrière elle, qui plus est, les générations qui arrivent ne voient plus dans ces immeubles aux formes improbables qu’un chef-d’œuvre de l’architecture contemporaine.

Pour elles, La Grande Motte, c’est « Brasilia ou Chandigarh en France », un exemple, un musée vivant…

C’est aussi comme Royan et son centre ville des années cinquante, lui aussi musée vivant de l’architecture des années 50.

En fouillant bien, les jeunes générations pourraient probablement songer aussi à Miami Beach (USA), à son front de mer coloré qui émeut tant les touristes étrangers par son style Art-Déco flamboyant.

Ce n’est donc certainement pas sans raison, il faut bien le dire, que la ville est entrée au prestigieux patrimoine du XXème siècle !

Oui vraiment, elle revient de loin La Grande Motte ; et son handicap originel fait aujourd’hui son meilleur atout.

Pour peu qu’on s’y prenne bien, elle pourrait même devenir enfin ce qu’elle a toujours rêvé d’être une station balnéaire à la mode.

la grande-motte-Jean Balladur-brasiliaPierre et Vacances et Belambra ne s’y sont pas implantés seulement par admiration pour Jean Balladur, l’architecte visionnaire à qui l’on doit cet « ovni » urbain dont la superficie est couverte à 70 % d’espaces verts.

En gestionnaires avisés, les autorités de la ville, Mairie en tête, ont compris qu’un tel héritage devait être particulièrement entretenu. Dès 2008, elles ont donc entrepris de rénover les bâtiments comme on nettoie ses bijoux de famille et projettent encore d’autres aménagements, dont une extension du port qui devrait proposer 4 à 500 anneaux supplémentaires aux navigateurs de passage ou résidents.

Elles ont également développé une campagne de communication très « culturelle », avec des événements sur Paris, comme l’exposition de novembre 2015 sur la péniche Le Corbusier, ou les rendez-vous annuels qu’elles proposent à la presse et qu’elle vient d’organiser cette année à l’Hôtel Bel Ami, dans le quartier de St Germain des Près, pour présenter la série de photo réalisée sur la ville par Maya Flore, une jeune photographe française.

Fille de l’avant garde architecturale, La Grande Motte met aussi en avant ses espaces verts et ses pistes cyclables en créant avec Caminade, un spécialiste du cycle original, un vélo électrique à la fois innovant et joliment design.

La ville poursuit ainsi la démarche lancée avec le designer montpelliérain, Oxyo, qui a imaginé pour elle des lampadaires et du mobilier d’intérieure ou d’extérieure parfaitement dans l’esprit novateur du concepteur de La Grande Motte.

Enfin, côté hébergement, La Grande Motte bénéficie pour des raisons historiques d’un large parc de résidences secondaires, mais elle joue aussi beaucoup sur les locations de gré à gré et son hôtellerie, 4 * à 80 %, devrait bientôt s’enrichir d’un premier 5 *.

Le moins qu’on puisse dire, ce que les ambitions de la Mairie commencent à prendre corps. Avec 10 000 habitant l’hiver, la ville en abrite 120 000, dont 15 % d’étrangers, entre les mois d’avril et de novembre.

Le dernier obstacle à sauter, c’est sans doute le nom… Une « motte » si grande soit-elle, ça ne fait pas très « chic ». Alors, exit la dernière trace du mauvais départ : La Grande Motte devient peu à peu « LGM », une appellation qui fleure bon le cinéma ou l’enseigne de luxe.

Pour un musée vivant, c’est sûr, ça sonne mieux.

Bertrand Figuier





    1 commentaire pour “La Grande Motte : Un « Brasilia » bien de chez nous

    1. Erratum
      Chers lecteurs,
      Bonsoir.
      On me fait remarquer une étourderie lorsque je parle du fabriquant de Vélo. A la place de Marinade, il faut lire Caminade.
      Toutes mes excuses vont à l’entreprise.
      Avec mes respectueux sentiments.
      L’auteur

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