Helmut : un mammouth à Paris


Le squelette d’un mammouth laineux, surnommé Helmut, a été découvert à Changis-sur-Marne (Seine-et-Marne).
Un cas rarissime : seuls trois spécimens ont été déterrés en France depuis 150 ans.

Les archéologues de l’Inrap (l’Institut national de recherches archéologiques préventives) ont présenté, mercredi, le squelette d’un mammouth laineux découvert en juillet, dans la Marne. Cette découverte est qualifiée «d’exceptionnelle» par les scientifiques: jusque-là, seuls trois spécimens entiers ont été déterrés en France, en 150 ans. Le premier en date, «le mammouth de Choulans» a été découvert à Sainte-Foy-lès-Lyon en 1859, et les autres ont été trouvés au XXe siècle, dans le Nord et en Ariège. Il faut aller jusqu’en Sibérie, région du permafrost, pour trouver des spécimens recouverts de peau et de chair.
Cet été, des archéologues étaient en train de mener un chantier de fouilles sur un site gallo-romain, à Changis, lorsque leur œil a été attiré par des ossements.
«Nous avons rapidement compris, notamment à cause des immenses défenses, qu’il s’agissait d’un pachyderme», raconte Grégory Bayle, responsable scientifique de l’opération à l’Inrap. «Et après deux semaines d’études, nous savons qu’il s’agit d’un animal adulte, âgé de 20 ou 30 ans qui s’est probablement enlisé

Grâce à son squelette, on sait qu’«Helmut» – surnom qui lui a été donné – devait atteindre jusqu’à 3,40 mètres au garrot et peser entre 4 et 5 tonnes. Il était recouvert de poils et de graisse et a vécu il y a environ 100.000 ans. Il est contemporain de l’homme de Néandertal : les archéologues ont d’ailleurs découvert deux silex sur le site de Changis, ce qui montre que notre animal a bien croisé un ou plusieurs hommes.

Il faudra encore une bonne dizaine de jours pour exhumer tous les restes de l’animal et démonter les os. Sur le sol, on reconnaît les deux grandes défenses, un fémur et la partie du bassin où il trouvait sa place, un humérus, une mandibule, quatre vertèbres encore connectées et des omoplates. Le tout sera analysé dans les laboratoires du Muséum national d’histoire naturelle et de géographie physique du CNRS de Meudon (Hauts-de-Seine).





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