Estonie et Lettonie, ces enfants de la Balte


Tout réunit et tout sépare ces deux pays. D’abord une histoire commune ponctuée d’occupations incessantes par les Germains, les Suédois et les Russes, et deux seules périodes d’indépendance, de 1918 à 1940, et enfin depuis 1991 à ce jour. Une entrée dans l’Union Européenne en 2004, puis l’adoption de la monnaie unique l’Euro. Une superficie proche de celle des Pays-Bas, une population qui diminue et une capitale qui concentre une large part des habitants. Une langue étrangère parlée par la majorité des nationaux, le russe. Sans oublier la Mer Baltique en partage.

Mais ne dites pas à un Letton qu’il est Estonien, ou inversement. Impossible d’engager entre eux une conversation dans leurs langues nationales complètement opposées, d’origine indo-européenne pour le letton et finno-ougrienne pour l’estonien. La Lettonie regarde du côté de l’Allemagne, l’Estonie de la Finlande. A chacun ses traditions propres, sa gastronomie et ses boissons locales. Et donc pour le visiteur, une découverte de part et d’autre de la frontière.

Estonie, par cœur

Les amateurs de sports connaissent, eux, depuis longtemps l’Estonie : l’équipe nationale de basket fait partie de l’élite mondiale et alimente en joueurs de classe les plus grands clubs européens et de la NBA américaine. Mais pour tout le monde, le pays, c’est avant tout Tallinn, la capitale de cœur qui réunit plus de 400 000 des 1,3 million d’habitants. Une ville aux multiples facettes. Ambiance Moyen-Age dans son magnifique centre historique cerné de remparts préservés.

Tallinn1-YP« Les Estoniens furent longtemps le peuple le plus pauvre des pays Baltes et n’eurent même pas l’argent pour abattre ces remparts qui bloquaient l’expansion, sourit Pierre, un guide d’origine belge. Maintenant que le pays est devenu le plus prospère, on se félicite de les avoir conservés pour le charme qui plait tant aux touristes. » Ambiance ultra high tech où la 4G gratuite est la norme partout. C’est ici que trois jeunes Estoniens ont créé Skype, succès planétaire repris par Microsoft.

La proximité avec la Finlande (Helsinki est à 85 km par ferry) a boosté l’expansion économique et ouvert Tallinn au monde, loin de l’enfermement des années de « l’occupation » (comme on dit ici) soviétique.

La visite du mini musée du centre d’écoute du KGB au 23ème étage inexistant de l’hôtel Viru où descendaient les étrangers est devenu un must de plaisanterie pour les Estoniens eux-mêmes… et une page d’histoire du Stalinisme pour les touristes.
Letton, un bon alliage

Avec plus de 700 000 des 1,8 million de Lettons, la capitale Riga marie avec élégance les influences du passé, un dynamisme économique et un sens inné de la fête. Devenue point de ralliement des jeunes Scandinaves voisins, la ville prend des airs d’Ibiza aux beaux jours dans ses nombreux clubs et bars branchés. Mais dans un cadre exceptionnel.

Riga1-YPAu début du XXème siècle, les riches habitants de Riga s’entichèrent de l’architecte Mikhaïl Eisenstein et lui donnèrent les moyens de laisser libre court à son imagination pour construire les plus beaux immeubles Art nouveau. Les façades majestueuses surchargées de statues, rosaces, symboles grecs, romains ou égyptiens, rivalisent d’audace architecturale au long des rues Elisabetes, Alberta Iela, Strelnieku, et autres, pour composer un centre ville de prestige dont beaucoup de capitales à l’ouest auraient aimé se parer.

Riga3-YPProche des milieux bourgeois et tsaristes, Mikhaïl Eisenstein entendait en montrer la magnificence au monde entier. Pari manqué auprès de son fils, Sergueï, qui deviendra le grand réalisateur de cinéma du communisme triomphant avec son mythique film « Le cuirassé Potemkine » en 1925. A leur manière, les deux Eisenstein ont finalement forgé le Riga d’aujourd’hui dans un alliage détonant où les Mojitos des fêtards viennent apporter les bulles finales.


Yves Pouchard,
Avec la collaboration de Pouchkine Tours, groupe Salaün Holidays.





    2 commentaires pour “Estonie et Lettonie, ces enfants de la Balte

    1. Labdien, bonjour,

      En 2015, les derniers chiffres officiels de la population de Lettonie mentionnent exactement 1.976.500 résidents pour octobre 2015
      ( Source Centre National Letton des statistiques : http://www.csb.gov.lv)

      Vos chiffres « 1.800.000 » annoncés dans l’article sont inexacts.
      On se demande même leur provenance ? …

      Cordialement

    2. Grossière erreur qui ne sera pas pardonnée en Lituanie :  » ……l’Estonie : l’équipe nationale de basket fait partie de l’élite mondiale et alimente en joueurs de classe les plus grands clubs européens et de la NBA américaine. »
      Il s’agit bien sûr, non pas de l’Estonie, mais de l’équipe de Lituanie, n° 3 au classement FIBA derrière les Etats-Unis et l’Espagne.

      Mais encore plus choquant : les « années de « l’occupation » (comme on dit ici) soviétique. » Voudriez-vous insinuer qu’il n’y a pas eu occupation , avec son cortège d’exécutions et de déportations, pendant 50 ans par les russo-soviétiques ?

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