Deus ex machina : l’agent de voyages et les machines


La mode actuelle est de découvrir avec ravissement que la technologie révolutionne l’expérience pour l’agent de voyages et les voyageurs. Avec pour objectif ultime de créer le voyage parfait et inoubliable, fait d’une expérience sur mesure. Rien que ça ! J’en accepte volontiers l’augure, mais je vais essayer d’apporter un soupçon de bon sens à ces propos lénifiants.

Je tiens à préciser, que ne suis absolument pas contre l’intelligence artificielle qui est à mon avis un incomparable outil de connaissance. Une machine qui permet de faciliter la vie de celui qui l’utilise. Une base de donnée nourrie par une multitude de sources de toutes natures, mais qui n’a pas encore toute la finesse d’analyse, la compréhension, l’intuition et le ressenti de l’humain.

En tout cas, pas pour l’instant et pour les années à venir, n’en déplaise à James Cameron. Donc, un fantasme.

Ensuite, il faut éviter que les vendeurs de voyages ne soient réduits qu’à être des « pousses-bouton » dont le principal rôle sera de consulter leurs ordinateurs, au risque de devenir binaire comme eux.

Les facultés humaines se travaillent et s’affinent au fil du temps. et elles sont toujours sous-utilisées.

Par ailleurs, je suis persuadé que le voyage parfait n’existe pas. Il y a une multitude d’infimes détails techniques, souvent inconnus (le diable est dans les détails) qui peuvent perturber, ou mettre en échec le déroulement du meilleur des voyages.

Même organisé par l’intelligence artificielle la plus performante.
J’ai même tendance à penser que la réussite parfaite d’un voyage tient du miracle… ou de l’état d’esprit des voyageurs. C’est souvent l’imagination de l’individu qui trouve des solutions, pas forcément académiques, qui peuvent « sauver » un voyage à priori « mal-parti » ou voué à l’échec.

Mais y a également des aléas d’origine humaine souvent liés à des croyances religieuses ou politiques différentes, ou des façons d’être ou de vivre autres. Et, ce n’est pas toujours facile à conjuguer, même en France au quotidien.

J’allais oublier l’impact non négligeable des problèmes météorologiques voire géologiques. Je dois oublier d’autres causes, et pas des moindres. Alors oui, un voyage réussi est un petit miracle quotidien qui prouve la supériorité actuelle de l’agent de voyage sur la machine. Deus ex machina.

Alors, pourquoi ne pas chercher à investir sur l’humain, intéresser et former les vendeurs débutants, leur permettre de découvrir le monde pour mieux échanger avec leurs clients, éviter les préjugés. Ils sont l’avenir d’une profession qui cherche à se réinventer au gré des aléas. Sans succès flamboyant pour l’instant.

Mais peut-on se réinventer lorsque, le plus souvent, on est un intermédiaire plus ou moins important de ses fournisseurs, que l’on dépend des crises sanitaires, financières, économiques et j’en passe, et même de ses propres clients qui ont une tendance naturelle à voir ailleurs si l’herbe est plus fraîche.

Bref, soit l’agent de voyages a peur du lendemain ou alors il est irréaliste ou idéaliste c’est presque la même chose.

Alors il reste une solution qui permet de continuer à exister. En parler pour survivre.
J’en suis l’exemple vivant. En tout cas pour l’instant. Pourvu que ça dure.

François Teyssier

 





    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Sur le même sujet

Alicante à la rencontre des agents de voyages à Nice

Alicante à la rencontre des agents de voyages à Nice


16 avril 2024 0

Dans le cadre de l’ouverture de la ligne Easyjet entre Nice et Alicante, l’Office...

Grande rencontre régionale des EDV Hauts de France Normandie

Grande rencontre régionale des EDV Hauts de France Normandie


9 avril 2024 0

Dans le cadre des Rencontres en région proposées par les Entreprises du Voyage, les...

5ème déjeuner APG chez Ciro, 5ème succès

5ème déjeuner APG chez Ciro, 5ème succès


8 avril 2024 0

Vendredi 5 avril dernier avait lieu à Paris la cinquième édition des Déjeuners du...