Delta donne sa langue au chat !


Au moment des faits, Prince Maddox était un chaton hybride Savannah de 8 semaines. Le croisement exotique entre une chatte domestique Bengal et un serval mâle africain. À taille adulte, c‘est le plus gros chat du monde. Un petit félin domestique. Il a vu le jour en Floride chez un éleveur spécialisé. Patricia Lentini, une résidente de Fresh Meadows, un quartier situé au cœur du Queens à New York, est tombée sous son charme. Après l’avoir acheté 2 300 dollars. Pour qu’ils se retrouvent, il était nécessaire que le chaton soit rapatrié à big apple. Delta Airlines fut le transporteur effectif.

L’animal voyagea tout seul, comme un grand, dans une cage homologuée pour le transport aérien.
Arrivé à destination sa propriétaire se rendit compte que le chaton souffrait le martyre. Une visite au vétérinaire plus tard, le verdict fut sans appel. Prince Maddox avait la hanche brisée. Pourquoi ? La question reste entière à ce jour.

Dépitée par cette situation et sans doute par la réponse du transporteur, Patricia Lentini fit appel à la justice pour faire valoir ses droits et ceux de son chat.

La première décision la débouta de toutes ses demandes.

Pugnace, Patricia Lentini fit appel de cette décision.

Le deuxième délibéré fut presque aussi décevant que le premier. Plus ambigu également.

Delta Airlines fut condamné à payer 50$ à la propriétaire de Prince Maddox. Une décision de principe très loin de satisfaire les prétentions de Patricia Lentini et rembourser ses frais.
Celle-ci sollicitait le remboursement des frais de vétérinaire et autres frais annexes et sans doute, les honoraires de son avocat.

Delta Airlines eut une défense simple et efficace. « Nous n’avons commis aucune négligence. Nous sommes seulement responsables du transport de l’animal. Nous avons délivré la prestation pour laquelle nous avons été payés. Nous ignorons totalement ce qui a pu se passer avant et après notre prise en charge. »

En fait, seul Prince Maddox pourrait le dire.

La cour d’appel « poussa le bouchon » encore un peu plus loin en précisant : « la lettre de transport aérien, le billet d’avion du chaton, limitait la responsabilité financière du transporteur aérien. Mme Lentini pouvait acheter une garantie supplémentaire pour le transport de son animal. Elle ne l’a pas fait, c’était son droit. »

Et pour mettre un terme définitif à ce différent, le tribunal a mit en avant le Federal Air Deregulation Act de 1979. Le début de la fin de l’excellence des rapports entre les agences de voyages et les transporteurs aériens.

En préemptant la réclamation du transporteur, l’avocat de Patricia Lentini se déclara surpris de cette situation et conclu en affirmant que, désormais, toute personne ne connaissant pas le droit des contrats devra faire appel à son avocat avant de mettre son animal de compagnie dans un avion.

Prince Maddox n’a évidemment cure de tout ce battage juridique. Sauf que désormais, il claudique.

F. Teyssier





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