Alitalia au bord du précipice ?


C’est en bloc que les salariés d’Alitalia ont dit non, lundi dernier, au plan de relance drastique annoncé comme celui de la dernière chance pour la compagnie aérienne italienne qui, selon la Direction, « risque désormais la liquidation pure et simple« .
La direction a ainsi décidé de convoquer jeudi les actionnaires de la compagnie.

Le taux de participation était impressionnant avec, sur les 12.500 membres du personnel, près de 90 % ayant participé à la consultation entre jeudi et lundi après-midi. Dans la soirée, le non dépassait la barre des 50 % bien avant la fin du dépouillement. Au final,  6.816 salariés d’Alitalia ont dit non, soit 67% des votants.

Les salariés ont ainsi rejeté ce plan prévoyant 1.700 suppressions d’emploi et une baisse de salaire de 8 %, alors que le gouvernement, qui a fait office de médiation ces dernières semaines, avait répété tout le week-end qu’il n’y avait pas d’alternative.

En effet, les caisses de la compagnie sont à sec et les actionnaires (Etihad Airways qui détient 49%, UniCredit, Intesa Sanpaolo, etc.) n’entendaient pas remettre la main à la poche en cas de rejet de l’accord.

Le conseil d’administration d’Alitalia a été convoqué hier mardi (férié en Italie)- « pour une évaluation du résultat négatif de la consultation« , a annoncé la compagnie dans un court communiqué.

L’hypothèse la plus probable est celle d’une activation de la procédure d' »administration extraordinaire » publique en vue d’une hypothétique reprise ou d’une liquidation.

Le syndidat USB a réclamé dans un communiqué « la réouverture immédiate des négociations » après « le non des salariés ».

Le chef du gouvernement italien, Paolo Gentiloni, avait pourtant été clair samedi dernier : « Je sais bien que l’on demande des sacrifices aux salariés, mais sans un accord sur le nouveau plan industriel, Alitalia ne pourra pas survivre« .

M. Gentiloni avait d’ailleurs ouvert une période d’administration extraordinaire d’environ 6 mois », avant un « accompagnement vers la liquidation de la compagnie », une mesure qui risque de coûter « plus d’un milliard d’euros » à l’Etat italien en rejetant sur lui « tous les coûts de la gestion ou de la liquidation » de la compagnie.

Alitalia subit à plein la concurrence des compagnies à bas coût et accumule les pertes depuis de nombreuses années, et ce malgré l’entrée à son capital en 2014 de son homologue émiratie Etihad et des fonds injectés par celle-ci.

La direction d’Unicredit, l’un des actionnaires d’Alitalia, avait souligné la semaine dernière que la banque avait déjà perdu « près de 500 millions d’euros » dans la compagnie.

Alitalia en grande difficulté, a conclu à l’automne dernier un accord pour louer au groupe Lufthansa 38 de ses appareils (équipages compris), permettant au géant allemand du secteur d’agrandir la flotte de sa marque à bas prix Eurowings.

Pour la plupart des salariés subsiste un sentiment d’écœurement et d’incompréhension : « Comment peut-on penser qu’une compagnie qui transporte 24 millions de personnes avec 120 avions puisse être mise en liquidation ? ».





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