Les risques du métier


alea-jacta-estJe souhaite compléter, au travers du prisme du droit, l’excellente chronique, parue lundi dernier, dans La Quotidienne, de mon confrère Bertrand Figuier : « Business ou djihadistes : il faut choisir. » et apporter un point de vue complémentaire étayé par la rigueur des lois applicables.

En ce qui concerne les avis du ministère des affaires étrangères, c’est vrai que ce n’est pas la principale source d’information des voyageurs. La presse s’en charge parfaitement bien.

D’expérience et je suis encore d’accord sur le fait qu’en cas de litige quelle que soit la gravité, ces avertissements deviennent les indispensables preuves pour étayer leurs prétentions le plus souvent financières. Là est le véritable danger. Car ces avis sont gravés dans le marbre. Malheur à celui qui ne les aura pas respectés.

Pire, la toute récente promulgation des actions de groupe risquera tôt ou tard de d’amplifier la rigueur des règles actuelles.

Au plus petit coup de canif dans le contrat de vente. Par exemple, une modification d’itinéraire imprévue expliquée par un potentiel risque « terroriste », une prestation manquante de ce fait.

Il suffira qu’un tout petit collectif de voyageurs demande à une association de consommateurs d’initier en leurs noms une action de groupe en justice.

En invoquant un défaut de conseil, d’information mettant en cause l’obligation de sécurité et de conformité des prestations contractées à la charge du vendeur de voyages. Pour peu que le juge chargé du dossier, soit compréhensif (il sera dans son rôle) et empathique (après tout, lui aussi est un voyageur.)

Et le (mauvais) tour sera joué.

Et puis, les voyageurs ont changés. Ils sont devenus plus consommateurs qu’aventuriers, même et surtout s’ils achètent des voyages d’aventure. Ils aspirent surtout à être par rapport à l’idée qu’ils se font eux-mêmes de l’aventure. Le paraitre est devenu la règle.

En résumé, les professionnels n’ont pas à hésiter sur la décision à prendre. Selon l’adage : « prudence est mère de sûreté. »

La loi qui arbitre clairement. C’est bien l’agent de voyage, plus exactement, dans un premier temps, le vendeur de voyages forfaitaires qui est débiteur d’une obligation de sécurité vis à vis de ses clients.

Le voyageur, lui, se charge de se faire peur tout seul. En écoutant les médias et en interprétant les informations par rapport à ses propres appréhensions ses craintes, voire ses peurs. Le résultat est souvent calamiteux. Les vendeurs le savent bien.

Le problème n’est pas d’avoir d’état d’âme par rapport à cette situation délétère. Mais de faire en choix entre la réalité de la situation sécuritaire actuelle et d’éventuels manques à gagner dès lors que l’on a programmé une destinée considérée comme étant à risques.

Et surtout ne pas céder aux « sirènes » qui veulent vous attirer vers leurs rivages. Professionnelles : Réceptifs, hôteliers ou institutionnelles : O.T, ministères du tourisme ont intérêt ou mission à accueillir des clients, coûte que coûte vers leurs pays d’origine. Plus que vous encore, elles ont à faire « tourner le business. » Car elles sont rarement diversifiées.

Le commentaire concernant l’article de Bertrand Figuier en est la meilleure démonstration.

Ce sont hélas les risques du métier. Des aléas à accepter et à gérer. Alea jacta est.
Votre dévoué,

Lucius Maximus,
Sénateur indépendant

Amicus Curiae – Littéralement un « ami de l’assemblée » entendu pour connaitre son opinion sur un sujet précis débattu devant elle.





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