2017 une fin d’Annus horribilis pour Ryanair ?


Décidément, pour la compagnie irlandaise, les ennuis volent actuellement en escadrille. La période de l’avent aura été une période particulièrement délicate pour le transporteur low cost. Après la pénurie de pilotes qui a contraint Ryanair à annuler un nombre incalculable de vols et tous les dommages financiers collatéraux consécutifs, elle a engagé un bras de fer avec son personnel navigant, qui a débouché par une plainte en diffamation à l’encontre de l’un de ses pilotes ainsi qu’une procédure de même type initiée contre une chaîne de télévision britannique.

Puis, la compagnie à bas coût a été menacée de grève. Un sacrilège.

Toujours aussi provocateur, et n’aimant pas la contradiction, le bouillant patron de Ryanair, Michael O’Leary, a déclaré que : « les syndicats de pilotes ne sont ni plus ni moins qu’un vecteur de faillite pour les compagnies aériennes européennes. »

Une passe d’armes qui a finalement tourné à l’avantage des navigants, Ryanair a reconnu un peu plus tard, la pertinence des syndicats de pilotes et du personnel de cabine dans toutes les bases européennes. Mais également pour tous les travailleurs au sol.

Ryanair est en passe de devenir une compagnie aérienne comme les autres

Un véritable camouflet personnel pour les convictions profondes de Michael O’ Leary.

Peu après, c’est le quotidien Irish Independent qui a publié des révélations concernant des propos tenus par Peter Bellew.

« Ryanair est une compagnie qui s’est développée trop rapidement. Sa culture d’entreprise s’est détruite sous les coups de boutoir des crises successives. »

Il estime enfin que des « gens » connaissaient les problèmes actuels, mais qu’ils n’ont pas été écoutés ou qu’ils se sont découragés à force de les soulever.

Et de conclure : des pratiques basiques mises en place depuis de nombreuses années ont été jetées aux oubliettes. Par qui ? Pourquoi ?
Cherchez l’erreur. Une chose est certaine, pour une fois, le coupable n’est pas le colonel Moutarde. Alors qui ?

Toutes les suppositions sont permises.

Pour revenir sur le parcours de Peter Bellew (photo), cet ancien dirigeant de Ryanair parti chez Malaysia Airlines en 2014. Puis débauché par Ryanair pour occuper à partir du 1er décembre 2017, le poste de chef des opérations aériennes et terrestres.

Il sera tout particulièrement en charge : des opérations au sol et de l’ingénierie.

Il aura « une responsabilité spécifique dans le suivi des pilotes, de la formation et du développement de carrière » avec comme mission « de s’assurer que les problèmes liés au planning des pilotes dont Ryanair a souffert lors du mois de septembre ne seront jamais répétés. »

Alors, pompier pyromane ou simple fusible, et pourquoi pas le futur CEO de Ryanair ?

Seul le temps nous le dira.

François Teyssier





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