Un spiritourisme tinté de fantaisie ?


Contraction des mots spiritueux et tourisme, le spiritourisme est, selon Wikipédia, une forme de tourisme de découverte économique développé autour de la filière des boissons spiritueuses (c’est à dire les boissons à base d’alcool de distillation, en opposition aux boissons fermentées, comme le vin, la bière, le cidre, etc.). Si le terme est plutôt récent, du moins dans sa visibilité grand public, l’activité touristique liée au spiritueux est en revanche une activité ancienne et importante.

Le spiritourisme une (pas si) nouvelle forme de tourisme

Cousin germain de l’œnotourisme, le spiritourisme reste moins connu et étudié malgré une activité déjà forte et des potentiels importants.
Si le spiritourisme se développe depuis plusieurs années dans de grands pays producteurs comme l’Irlande, les Etats-Unis ou encore le Japon, le modèle international en la matière reste l’Ecosse ;

Le lien fort entre cette production, les terroirs et l’histoire de l’Ecosse ont amené dès les années 1960 les distilleries à s’ouvrir à la visite.

Le premier véritable «visitor center» a été mis en place en 1969 parla distillerie Glenfiddish. On estime aujourd’hui à plus d’une cinquantaine le nombre de distilleries ouvertes à la visite (sur 97 actives) et un total de plus de 2 millions de visiteurs par an soit plus que la Cathédrale Saint Paul à Londres. L’exemple écossais est révélateur des échanges «gagnant –gagnant» entre tourisme et spiritueux

La Martinique boit du petit lait

Aujourd’hui, le rhum martiniquais se développe fortement en termes de production et de vente porté par une stratégie de «premiumisation»des industriels locaux de la filière. 9 distilleries sont ouvertes à la visite sur l’île et le CODERUM, qui regroupe les acteurs du rhum martiniquais, estime qu’elles accueillent environ 600000 visiteurs par an.

Un chiffre impressionnant surtout si on le compare à la fréquentation touristique totale de l’île: ainsi plus des deux tiers des touristes venant en Martinique entreraient au cours de leur séjour dans une distillerie. Les visites sont certes gratuites mais les retombées réelles et les boutiques des distilleries sont toutes en ordre de marche et génèrent des dépenses importantes.

Même les touristes ne fréquentant pas les distilleries peuvent difficilement passer à côté du rhum martiniquais à l’aéroport ou au terminal de croisière de Fort de France.

« Le spiritourisme a la capacité de devenir une filière touristique fondée sur une production identitaire de grande valeur, à condition de le vouloir et de s’en donner les moyens …Ainsi, de nombreux exemple en France et à l’étrangers montrent d’ores et déjà l’importance que peut prendre la visite touristique de site de production de spiritueux tant pour les industriels et artisans du secteur que pour les acteurs touristiques« .

Par Matthieu Levy
Consultant-Manager In Extenso TCH





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