Tourisme & Covid-19 : se mettre désormais en mode survie


L’épidémie ou la pandémie, on ne sait plus, du Coronavirus met l’ensemble de l’économie de la planète en grande difficulté. La multiplication des échanges commerciaux, la mondialisation effective des fabrications entraîne des conséquences infiniment plus importantes que lors de la précédente catastrophe sanitaire : le SRAS.

Pour petit rappel, le SRAS a frappé entre décembre 2002 et juin 2003.
Nous sommes 17 ans plus tard et l’économie n’a plus rien à voir avec ce qu’elle était à l’époque.
Les conséquences sur le transport aérien sont immédiates et beaucoup plus brutales que pour d’autres secteurs d’activité, hormis ceux liés aux déplacements comme le tourisme ou l’hôtellerie.

La principale difficulté est impalpable. Une psychose s’est emparée de la planète et se déplacer est considéré non seulement comme un danger personnel, mais comme un facteur de contamination et donc de propagation de l’épidémie.

Peu importe au fond que le risque soit ou non réel, il suffit qu’il soit imaginaire pour conduire les potentiels clients du transport aérien à rester chez eux. Rajoutez à cela un martelage constant et appuyé des médias qui montrent complaisamment des images laissant à penser à un danger immédiat pour les populations. Cela conduit immanquablement à une prédiction réalisatrice car plus on raconte que les gens ne se déplacent plus et moins ils le font.

Et puis il y a l’attitude un peu incompréhensible des gouvernements qui entretiennent l’inquiétude des populations en annonçant vouloir les protéger.

Le résultat ne s’est pas fait attendre. Les prévisions quant au trafic aérien sont de plus en plus catastrophiques. On est passé d’une perte potentielle de 2 à 3 milliards de dollars à des chiffres astronomiques supérieurs à 100 milliards de dollars.

Finalement personne n’en sait rien et les
prévisionnistes de IATA feraient mieux de ne rien publier.

A partir du moment où le mal est dans la tête des gens, il peut se guérir très facilement ou prendre un temps très important avant que les comportements ne reviennent à la normale. Au nom du principe de précaution qui est ni plus ni moins que la protection des décisionnaires, on assiste à une sur-réactivité qui risque pour de bon de mettre à plat le transport aérien.

Comment passer cette période si particulière ? A vrai dire, comme on n’a jamais connu une telle situation, il est très difficile de proposer une quelconque recommandation. La seule chose certaine est qu’il faudra faire le dos rond, comme sous un orage prolongé, sans savoir lorsqu’il se terminera.

Ainsi les compagnies aériennes ont toutes entamé un processus de baisse des charges la plus rapide avec des effets immédiats.

Emirates oblige ses salariés à prendre des congés sans solde, Lufthansa va mettre au sol un quart de sa flotte, Air France/KLM gèle toutes les dépenses qui ne sont pas vraiment obligatoires.

Bref, tous les transporteurs cherchent d’abord à minimiser l’impact lié à la perte du trafic. Il ne faut d’ailleurs pas s’y tromper, comme cela est parti, on voit mal comment la dégringolade pourrait s’arrêter avant le mois d’avril.

La question est de savoir somment le transport aérien sortira de cette épreuve et dans quel état il sera. Mais toute crise génère ses opportunités. Et on en décèle au moins une.

Les compagnies aériennes devront très rapidement reconstituer leurs marges. Elles ne pourront le faire qu’en faisant remonter les prix à un niveau raisonnable. On voit mal comment des tarifs dits d’appel, pourront être maintenus alors que les volumes de trafic ne reprendront leur croissance que très progressivement.

Alors on verra probablement les fourchettes des Yields Managers se rétrécir afin de retrouver un bon sens que le transport aérien semblait avoir perdu. Il ne manque pas grand-chose pour que ce secteur d’activité ne dégage de confortables bénéfices. 5 % d’augmentation du prix moyen coupon seraient les bienvenus.

Et puis, se posera certainement avec une plus grande acuité la création d’un fonds de garantie des compagnies aériennes pour protéger les clients contre les défaillances des transporteurs.

Les études ont été faites. Cela coûte de l’ordre d’un demi-dollar par coupon de vol. Les clients sont prêts à
payer. Sans doute beaucoup de transporteurs ne supporteront pas la crise actuelle. Raison de plus pour activer ce fonds. Cela aurait dû être fait depuis longtemps.

Au total, les compagnies aériennes sortiront plus fortes de cette épreuve, tout au moins celle qui survivront. Et les clients frustrés tout comme les gouvernants se rendront compte combien ils dépendent du transport aérien. Alors on en aura sans doute terminé avec cette « honte de voyager
en avion ». Et ce sera tant mieux.

Jean-Louis Baroux





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