L’avenir de la compagnie aérienne Air Antilles est désormais suspendu à la décision imminente du tribunal mixte de commerce de Pointe-à-Pitre, après que Louis Mussington, président du conseil d’administration, a officiellement déposé une déclaration de cessation de paiements et une demande de redressement judiciaire ce mardi 20 janvier 2026.
Cette procédure, devenue inévitable face à une situation financière alarmante où « la caisse est vide », marque un tournant critique pour l’opérateur qui dessert exclusivement les îles françaises (Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Guadeloupe et Martinique) et qui avait pourtant réalisé un chiffre d’affaires de 18 millions d’euros en 2025 avec plus de 121 000 passagers transportés.
La fragilité de l’entreprise est d’autant plus frappante que la collectivité de Saint-Martin a investi 20 millions d’euros depuis la reprise de la compagnie fin 2023, un effort massif qui n’a pu empêcher l’immobilisation totale de la flotte depuis le 8 décembre dernier.
Cette suspension de vol, ordonnée par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) suite à un audit pointant des « défaillances très significatives » en matière de sécurité, prive la société de ses revenus opérationnels alors même que la direction conteste ces conclusions et tente de négocier un plan d’action correctif.
Le tribunal doit maintenant trancher entre deux scénarios : accorder un plan de redressement pour permettre une restructuration sous supervision judiciaire ou, si la viabilité économique est jugée nulle, prononcer une liquidation judiciaire qui signerait la fin définitive de la compagnie et aggraverait la crise du désenclavement aérien au sein de l’archipel guadeloupéen et de ses voisins.