A cette question, pour les experts interrogés par La Quotidienne, la réponse est un oui massif. En 2026, la réduction du poids des bagages n’est plus seulement une option pour les compagnies aériennes, c’est devenu un levier stratégique de survie économique et écologique.
La réduction drastique de la facture de carburant
Le carburant représente environ 25 à 30 % des coûts d’exploitation d’une compagnie.
En physique aéronautique, plus un appareil est lourd, plus il nécessite de portance, ce qui génère de la traînée et consomme du kérosène.
On estime qu’une réduction de 1 % du poids total d’un avion peut entraîner une baisse de la consommation de carburant d’environ 0,75 %.
Pour une flotte majeure, économiser 2 kg par passager sur 50 millions de passagers par an représente une économie de plusieurs dizaines de millions de dollars en carburant.
L’optimisation du fret (Cargo) : Le bénéfice caché
C’est ici que le gain est le plus intéressant pour les compagnies aériennes.
Chaque kilo de bagage cabine ou de soute que le passager n’apporte pas libère de la capacité d’emport dans la soute (la « belly capacity »).
Les compagnies peuvent alors vendre cet espace à des transporteurs de fret (Amazon, DHL, etc.) à des tarifs bien plus rentables que le transport de bagages passagers.
Un kilo de fret rapporte souvent plus de marge nette qu’un kilo de bagage personnel inclus dans le prix du billet.
Économie sur les taxes carbone et crédits Pollueur-Payeur
En 2026, les réglementations environnementales (comme le système ETS en Europe) sont devenues extrêmement strictes.
Moins de poids = Moins de CO2 : En réduisant le poids, la compagnie réduit ses émissions directes.
Cela permet d’acheter moins de « crédits carbone » sur le marché ou de réduire le montant des taxes environnementales qui pèsent sur chaque vol. Pour les compagnies, c’est une économie de coût réglementaire immédiate.
Amélioration du « Turnaround Time » (Temps d’escale)
Le poids est lié au volume. Des bagages plus légers et moins nombreux signifient un embarquement et un débarquement plus rapides.
Un avion qui passe 10 minutes de moins au sol à chaque escale peut potentiellement effectuer une rotation supplémentaire par jour sur certains réseaux court-courriers.
Moins de bagages cabines à gérer signifie moins de retards liés à la saturation des coffres supérieurs, évitant ainsi des amendes aéroportuaires et des frais de compensation.