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Coup de plume de Pierre Doulcet : Silence dans les rangs…

Doulcet [1]Selon Bartelone, nous n’aurions pas d’envies !

Dimanche dernier, sur BFM TV durant deux heures, le président de l’Assemblée Nationale, Claude Bertolone, nous a en effet vendu son dernier bouquin intitulé «  je ne me tairai plus « , en nous gratifiant d’une salade corrézienne à la 93 dans laquelle il nous affirmait que les Français, en cette rentrée automnale, n’avaient pas d’envies », sans que l’on comprenne d’ailleurs clairement si cela concernait notre rapport avec le choix des hommes politiques, de leurs idées ou de nos activités quotidiennes..

Tout en remarquant au passage qu’il a tout de même attendu d’être le quatrième personnage de l’État pour décider à  » ne plus se taire  » ( ce qui laisse rêveur !) j’ose espérer désormais que, remettant enfin les pieds sur terre et contrairement à ce qu’il nous a servi dans cette émission, il voudra bien enregistrer qu’en dépit de circonstances difficiles, les professionnels du tourisme pour leur part s’obstinent toujours à avoir, eux, des envies !

Il en va ainsi vis-a-vis de l’un de ses protégés à l’Assemblée en la personne de Mathias Fekl devenu, depuis le dernier remaniement, ministre en charge du Tourisme dont la discrétion envers la profession confinerait presque à l’inexistence.

Ce qui ne semble pas à contrario être le cas dans son emploi du temps pour son ancienne circonscription de Marmande dans le Lot et Garonne.

Et pourtant, les Pros du tourisme auraient grande envie de savoir ce que ce jeune ministre, bardé de diplômes, compte faire notamment des propositions retenues par les Assises du Tourisme de l’an dernier lancées par ses prédécesseurs ?

D’ailleurs, des envies la profession en recèle bien d’autres.

Ainsi celle de la fin d’un corporatisme d’un autre âge pour Air France dont on vient tout juste de mesurer les dégâts (autour de 500 millions d’euros) avec un président qui ne juge pas utile de faire une apparition à ce grand rendez vous de l’aérien qu’est l’APG World Connect qui se tiendra a Monaco du 29 au 31 octobre en présence
d’une soixantaine de nationalités !

Idem pour des entreprises comme le Club Med ou FRAM avec l’arrivée souhaitable aux commandes d’une nouvelle génération d’entrepreneurs aux antipodes des héritiers familiaux actuels, fort éloignés du génie des créateurs.

Pour le SNAV ensuite, alors que tous les réseaux vont tenir leurs congrès, l’envie de savoir pourquoi celui du syndicat serait reportée à l’automne 2015 ! Comme en politique le cumul des mandats deviendrait-il une gêne ?

Pour les destinations touchées par l’islamisme radical, l’annonce détaillée de l’Egypte du renforcement des mesures de sécurité, (ce qui n’a pas hélas empêché l’explosion d’une bombe mardi soir en plein centre du Caire) l’envie de savoir également si, au final, ces informations ne se traduisent pas en une augmentation des réticences dans l’opinion (comme le signale de récents sondages) parmi les candidats à l’évasion et chez les professionnels ?

Mais parmi ces nombreuses envies des gens de ce métier que je ne puis tous énoncer dans cette courte chronique, il en existe une, dont monsieur Bartelone, du haut de son perchoir, pourrait soutenir…

… c’est tout simplement celle de voir simplifier les modalités nécessaires à la création d’une entreprise. La rigidité actuelle demeurant avec l’extrême lourdeur du Code du Travail les principaux obstacles à l’imagination indispensable à l’épanouissement des professions du tourisme.

Sur ce sujet, la tête de l’Etat dans son ensemble serait donc bien inspirée de prendre quelques leçons auprès du nouveau Prix Nobel de l’économie au lieu de se congratuler entre eux d’un succès dont ils ne sont nullement partie prenante.

En effet les théories de Jean Tirole, le remarquable lauréat, n’apparaissent pas pour l’heure en harmonie, c’est le moins que l’on puisse dire, avec la politique économique du gouvernement .

Pour en finir avec le « j’ai décidé de ne plus me taire » de Claude Bartelone, et nos prétendues non envies qu’il nous prête, il ne me semble pas inutile de préciser pour la netteté du débat que le signataire de cette chronique ne se tait pas, quant à lui, depuis déjà nombre de décennies !

La Quotidienne non plus d’ailleurs, vous en êtes tous les témoins journaliers.

Et ce ne sont pas, dernièrement, les propositions pour le moins décevantes d’un grand professionnel (ayant fait fortune dans le voyage !) de voir rémunérer ses interviews dans la Quotidienne qui changeront notre conception de l’exercice de notre fonction .

Vous voyez, je vous disais bien que l’on ne se taisait pas !

Pierre Doulcet

PS . Comme toujours : pdoulcet@me.com