British Airways, IAG et même easyJet, envisagent le pire


Le groupe IAG, maison mère de plusieurs compagnies aériennes dont British Airways, a annoncé vendredi avoir abaissé ses prévisions de rentabilité et d’investissement pour la période 2016-2020, dans un contexte difficile pour le secteur aérien.

Le groupe prévoit un résultat brut d’exploitation (Ebitda) d’environ 5,3 milliards d’euros par an (contre 5,6 milliards auparavant) et des dépenses en capital de 1,7 milliard d’euros (contre 2,5 milliards précédemment), selon un communiqué.

IAG-2IAG communique ces chiffres à l’occasion d’une journée dédiée aux investisseurs, alors qu’il pâtit actuellement de l’impact du Brexit avec notamment la chute de la livre, ainsi que des tensions géopolitiques.

Dans la présentation communiquée au marché, IAG dit s’attendre à un contexte macroéconomique difficile au cours des prochaines années à travers le monde, ce qui devrait peser sur la demande. Il compte toutefois par ailleurs continuer à faire des économies.

« IAG publie ses résultats en euros » et est donc « du mauvais côté de la baisse de la livre« , puisque ses bénéfices réalisés en devise britannique au Royaume-Uni, son premier marché, sont rognés lorsqu’ils sont convertis en monnaie européenne, remarquait Jasper Lawler, analyste chez CMC Markets.

iag-4Le groupe possède non seulement la compagnie britannique British Airways, mais aussi les espagnoles Iberia et Vueling et l’irlandaise Aer Lingus.

La baisse de la devise peut plomber les voyages à l’étranger des touristes britanniques, alors que par ailleurs l’acquisition de la compagnie Aer Lingus fin 2015 « n’aurait pas pu tomber à un plus mauvais moment, la chute de la livre s’ajoutant à la menace des attaques terroristes« , rappelait M. Lawler.

Ces annonces étaient mal perçues par le marché boursier, l’action perdant 3,73 % à 434,00 pence vers 10H30 GMT à la Bourse de Londres.

IAG avait déjà été contraint fin octobre de réduire encore un peu sa prévision de bénéfice opérationnel pour 2016 à cause de l’impact défavorable du Brexit, bien que son bénéfice net ait grimpé de 10 % au troisième trimestre.

En revanche, le groupe n’a pas abaissé tous ses objectifs pour 2016-2020, confirmant sa volonté de dégager une croissance moyenne du bénéfice par action de 12 % par an, ainsi qu’une marge opérationnelle située entre 12 et 15 %.

Il a en parallèle annoncé un trafic passagers en hausse de 3,9 % en octobre sur un an à 8,8 millions, la progression en Europe et en Asie-Pacifique, ayant plus que compensé le recul en Amérique Latine et dans la région Afrique, Moyen-Orient et Asie du Sud.

IAG-3IAG n’est pas la seule à souffrir d’un contexte difficile.

La deuxième compagnie aérienne d’Europe, la britannique EasyJet, avait averti sur ses résultats dès le 6 octobre, pâtissant de la volatilité des taux de change.

Le 18 octobre dernier, la compagnie irlandaise Ryanair, première d’Europe en terme de passagers transportés sur le continent, a de son côté abaissé sa prévision de bénéfice net annuel également à cause de la chute de la livre.

En outre, IAG comme Easyjet pourraient faire face à une autre conséquence possible du Brexit, qui pourrait remettre en cause le droit des compagnies du Royaume-Uni de voler sans contrainte à travers toute l’Europe.





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