Boiloris : Comment sauver le soldat Munin ?


Didier Munin, le président de Boiloris a rendez-vous le 12 janvier prochain avec le tribunal de commerce de Paris. De cette rencontre découlera soit le dépôt de bilan pur et simple de la société, soit la reprise par un ou plusieurs investisseurs de certains actifs à fort potentiel.

Une gestion trop cool ?

Il semble que les grands ennuis de Boiloris soient venus juste après l’achat de l’agence Thomas Cook, avenue Paul Doumer à Paris. « Cet achat n’était pas opportun compte tenu de la situation du groupe, déjà largement endetté » explique un connaisseur du dossier souhaitant garder l’anonymat.

Et d’expliquer notamment que la structure juridique du groupe Boiloris n’était vraiment pas optimisée. Pas de synergies possible en effet entre les trois entités Boiloris, Boiloris Developpement et Boiloris Distribution.

Et pas de véritable réseau d’agences de voyages finalement. Même si le groupe compte aujourd’hui quelques 27 agences de voyages, il n’y a aucune possibilité par exemple de faire travailler des salariés dans une autre agence du groupe, des contrats disparates entre les collaborateurs et pas moins d’une vingtaine agréments Iata (lorsque seuls deux auraient suffit ! ).

Ajoutée à une masse salariale de 87 collaborateurs pour un chiffre d’affaires en baisse constante depuis 2014, la course était quasiment perdue d’avance.

Une Jet tours/Thomas Cook dépendance

Cela fait longtemps que Boiloris travaille avec la marque Jet tours, dont il est toujours enseigne. En fait depuis 30 ans. Ces relations avec Thomas Cook ne datent donc pas d’hier même si elles se sont considérablement refroidis ces dernières semaines.

Thomas Cook a longtemps patienté pour de nombreux impayés (on évoque la somme de plus de 2 millions d’euros) et doit maintenant faire face aux pressions des TO de la DAC (Asia, MSC, Austral Lagons, Solea, Beachcomber tours, etc …) qui réclament leur du.

L’Apst (Association Professionnelle de Solidarité du Tourisme) ne s’y est d’ailleurs pas trompé qui a mandaté Thomas Cook France, depuis la cessation de paiement le 26 décembre dernier, pour gérer les dossiers des clients en cours (un bon milliers) dont notamment ceux de Jet tours, le TO le plus fortement impacté dans l’affaire.

Selon la loi, le responsable d’une entreprise en cessation de paiement doit déposer son bilan au maximum dans les quarante cinq jours qui suivent la cessation des paiements. Ensuite, le dépôt de bilan entraîne l’ouverture d’une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire à l’encontre de l’entreprise.

Des actifs convoités

Certaines agences du groupe Boiloris sont de véritables pépites qui devraient normalement intéresser les investisseurs pour leur emplacement et leur potentiel commercial.

Le groupe est également propriétaire de la marque Tapis Rouge (chère au coeur de l’ancienne collaboratrice Carole Ange), qui reste toujours une belle référence dans le secteur du luxe. Il possède aussi la marque Sicilfly.

Un destin qui n’est plus entre ses mains

Désormais, c’est le tribunal qui va décider du sort de l’entreprise et de l’avenir de ses salariés. Si la liquidation judiciaire de la société est prononcée, les salariés seront délivrés de leur contrat de travail, qui les empêchait jusque là d’accepter un autre emploi ou de percevoir des indemnités.

« C’est d’autant plus regrettable qu’on a le sentiment du dérapage incontrôlé d’un véhicule qui semblait parfaitement adapté à la route« . résume notre commentateur anonyme.

De l’avis de tous, c’est vraiment dommage en effet.

PR





    1 commentaire pour “Boiloris : Comment sauver le soldat Munin ?

    1. Cet article comporte un certain nombre d’inexactitudes. Il faudrait être plus rigoureux concernant des sujets de cette importance et gravité.
      1/ Boiloris n’a pas rachété d’agence Thomas Cook avenue Paul Doumer. Il n’y en avait pas. Boiloris a acheté plusieurs agences Thomas Cook a bas prix dont celle de la rue Chernovize qu’elle a déménagée avenue Paul Doumer.
      2/ Thomas Cook n’a pas patienter longtemps pour de nombreux impayés. Thomas Cook a patienté longtemps pour quelques règlements à la centrale sur la fin de l’année qui on fini par se solder par UN impayé massif.
      3/ Solea et Beachcomber tours ne sont pas des « TO DAC » car pas référencés par Thomas Cook.

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