Le Board of Airline Representatives France (BAR France), soutenu par ses homologues du réseau européen, vient de lancer un cri d’alarme officiel auprès de la Commission européenne concernant les dysfonctionnements majeurs liés au déploiement du système Entrée/Sortie (EES).
Si les transporteurs adhèrent aux objectifs de sécurité et de lutte contre l’immigration irrégulière, ils constatent que la mise en œuvre technique de ce dispositif biométrique génère des tensions opérationnelles alarmantes alors que le règlement (UE) 2025/1534 exigeait une fonctionnalité à 100 % dès ce 1er avril 2026.
Les projections des exploitants aéroportuaires sont sans appel : une explosion des temps d’attente aux contrôles est inévitable, menaçant de transformer la saison estivale à venir en un véritable chaos pour les voyageurs.
« Le BAR France, aligné sur les positions de l’IATA, d’ACI Europe et de l’A4E, souligne que cette saturation dégrade l’attractivité de l’Union européenne au moment même où la concurrence mondiale pour le tourisme est à son comble » indique Jean-Pierre Sauvage, le Président du BAR.
En conséquence, les associations de compagnies aériennes appellent Bruxelles à activer de toute urgence des mécanismes de flexibilité élargis, suggérant notamment un recours à l’article 9 de l’Accord de Schengen ou une adaptation ad hoc du règlement en vigueur pour permettre aux États membres d’ajuster temporairement les procédures.
L’enjeu est critique : il s’agit de trouver un équilibre vital entre l’exigence de sûreté aux frontières et la nécessité absolue de préserver la fluidité des hubs aéroportuaires, afin que l’image de l’Europe comme première destination mondiale ne soit pas durablement ternie par des files d’attente interminables sous les terminaux.