Souvent plaques varient…


Une plaque pair, tu roules… une plaque impair, tu restes au lit !

Juste pour dire que c’est plutôt les écolos et les politiques qui sont encore à côté de la plaque…

Jean Pierre Michel.

Moi, Jérémie Richeplan, conducteur d’autocar de grand tourisme, suis resté silencieux depuis deux semaines, alors qu’un précieux rouleau de pellicule chargé de souvenirs en noir et blanc prenait le chemin de la poubelle d’un poste frontière Est Allemand… laissant son propriétaire brutalement démuni !

Aux premiers tours de roues, par ultime précaution à l’entrée de ce territoire sous influence marxiste, et probablement pour éviter tout risque de contagion de virus libéraux, on m’imposa de faire rouler le car très lentement dans quatre bacs à sable successifs… manœuvre qui reste aujourd’hui encore sans éclaircissement…

Varum ? On ne saura pas !

Une désinfection de l’intérieur du car, où les fortes odeurs de fumée de pipe et de cigarettes étaient sournoisement mêlées aux parfums de jus de chaussettes, aurait été oh combien plus judicieuse….

Cette longue attente près du rideau de fer eut pour première conséquence de voir se remplir copieusement les cendriers chromés de mon beau Mercedes… A c’t’époque, soit dit au passage, on pouvait fumer partout et n’importe où… et peu importe ceux que ça dérangeait !

Comme le rassemblement avait eu lieu aux aurores (4 plombes du mat), et malgré la lourdeur des contrôles…

nous n’avions pratiquement pris aucun retard pour honorer notre rendez-vous avec le guide, recruté pour faire le tour de ville commenté dans Berlin-Est.

Après ces épisodes éprouvants, les jeunes, soyons francs, nourrissaient le secret (mais collectif) espoir, de tomber sur une intervenante au moins aussi altière, arborant le même décolleté inspirateur que notre guide de la veille.

Espoirs rapidement déçus, adieu Perrette et le pot au lait… envolés les rêves enflammés de nos dragueurs en bande organisée…. Dès le passage de la frontière, en ce point de rencontre depuis longtemps oublié, nous attendait, avec patience et résignation, un monsieur sans âge, vêtu d’un costume gris informe, et d’une cravate nouée de travers. Il portait des lunettes si épaisses qu’elles en dissimulaient presque ses yeux, et ce fut grâce au paquet de gauloises que l’équipe lui offrit royalement que finalement il nous adressa un sourire….

Ce personnage dégageait une joie de vivre aussi communicative que celle d’un employé des pompes funèbres.

Perdu dans ses traductions, avec son air c.;; et sa vue basse, il semblait renifler son exposé plutôt qu’il ne le lisait !

Mais ce fut en revanche de manière magistrale qu’il nous commenta la Porte de Brandebourg, la Karl-Marx allée, le boulevard « Unter den Linden » et les principaux monuments dans leurs pauvres et tristes habits gris/suie, caractéristiques d’une époque encore bien mal relevée de ses cicatrices de guerre.

Les garçons s’en sont donné à cœur joie, profitant judicieusement de la confidentialité de l’habitacle de l’autocar… Ils s’efforçaient d’embarrasser le bougre avec des questions déroutantes, mais ce ne fut peine perdue… Aucun d’entre eux ne parvint à obtenir le moindre commentaire contradictoire sur ses convictions politiques ou désapprobatrices face au régime politique.

Il nous quitta en milieu de matinée, nous laissant poursuivre nos aventures, avec sa bénédiction et des souhaits sincères de bon voyage….

C’est dans le brouillard flottant qui l’enveloppait que nous quittions alors Berlin. Pour échapper à ce décor germain de Germinal, nous avons dû tout d’abord manœuvrer à travers une banlieue interminable et sinueuse.

Se profilaient des usines crasseuses dignes d’un roman de Zola, tels des monstres préhistoriques fossilisés et tachés par de rares lampadaires jaunâtres.

La sortie du tunnel ? Orienenburg première petite agglomération que l’on pouvait rencontrer sur notre itinéraire, où ne circulaient que de rares camions mangés par la rouille, et quelques voitures de marque «Trabant », dont les moteurs deux temps enrhumés toussaient de la fumée blanche à plein pots et empestaient l’huile à plein nez.

Madame Duflot aurait certainement adhéré à ce charme socialiste, excellent contexte s’il en était, pour nous la ramener avec sa ritournelle de circulation un jour sur deux !

Au coin des rues, à la croisée des chemins, quelques malheureuses motocyclettes aux minuscules cylindrées fumantes et pétaradantes. Fallait voir l’allure de ces motards, accoutrés de cuir et de casques précieux reliquats de la guerre… Des personnages issus tout-droit de « La vache et le prisonnier ».

Et pourtant, de nombreuses années plus tard, il reste définitivement inconcevable d’oublier les sensations sinistres que transmettait inexorablement ce régime de RDA.

Comment oublier l’image de ces pauvres vieilles femmes en fichus et blouses noires, courbées sur l’immensité des champs cabossés… tristes et misérables, péniblement affairées à la récolte de quelques patates, jetées sans conviction dans des panières d’osier…

PR – « Petite question, Jérémie : et les hommes dans tout ça ? »

JR – « Et bien, à cette époque d’après-guerre… il parait qu’ils n’étaient plus très nombreux ! »

Gransee, Neubrandenbourg, Greifswald, Stralsund… Avec pour seul décor le long des routes, des arbres ternes comme des jours d’hiver, de mauvais carrefours au milieu de nulle part, où se croisaient des routes sans destination précise… Des blindés, des hommes en arme, qui conféraient aux bordures des forêt une Atmosphère redoutable.

Sur tout l’itinéraire, nombre de panneaux « Umleitung » imposaient des détours imprévus et inexplicables qui compliquèrent d’autant plus notre itinéraire, pourtant planifié à la minute près…..

Nous avons déjeuné dans un petit bled dont nous avons tous depuis oublié le nom, avec au menu collectif une choucroute aussi fade que frugale, accompagnée d’une insipide bière sans alcool… point/barre !

Il nous fallait atteindre notre ferry à temps pour embarquer vers la Suède et gagner le port de Trelleborg, sachant que 350 kilomètres séparent Berlin de Sassnitz.

Ce parcours improbable nous permit de traverser cette contrée de l’Allemagne orientale pour atteindre la pointe extrême de l’île de Rügen, paradis des oiseaux de mer.

Sassitz est le port de la mer Baltique où l’on embarquait pour la traversée vers la Suède par Trelleborg.

Le port était aussi sordide que l’ensemble des lieux précédemment découverts.

Situé aux confins de ce pauvre pays… au milieu des voies ferrées et des hangars couverts de rouille, jonché là encore de guérites… qui laissaient supposer encore des contrôles… on compte et on recompte les kilomètres parcourus depuis Berlin… On nous reproche notre erreur d’itinéraire à tel endroit… On explique au conducteur (BiBi) qu’il n’aurait pas dû boire deux bières au déjeuner…

Alors qu’on nous abreuve au quotidien de question de mises sur écoute, sujet d’actualité brûlant qui semble de surcroît follement passionner les foules… Notre petite équipe peut se targuer d’avoir été placée le temps d’une journée sous la surveillance de l’oreille de Moscou !

Allez, ça suffit, le ferry va partir et nous n’avons aucune envie de prolonger chez les marxistes… Nous on file, on se taille… on se casse ! Good By, Lénine…

(A suivre, la Suède et ses allumettes suédoises… contrée où l’on roule à gauche !)

Jérémie Richeplan





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