Faut-il avoir peur d’aller en Guadeloupe ?


Le Grand Angle de La Quotidienne sur le Tourisme en Guadeloupe.

Les pros ne craignent ni le « coup de pompe », ni les coups médiatiques…

Faut-il avoir peur d’aller en Guadeloupe, destination présentée comme une terre de violences par les chaînes TV ?

Si le phénomène existe, il ne touche en rien le tourisme, secteur là-bas en plein développement.

En pleine saison touristique, il ne se passe pas une semaine sans que l’actualité n’amène les médias de la métropole à évoquer les îles de la Guadeloupe.

Nonobstant ce constat, force est de reconnaître une nouvelle fois malheureusement que les sujets traitées n’apportent pas souvent un éclairage positif sur ce coin de France doté de plages de sable blanc, de cocotiers, d’eaux cristallines et de forêts luxuriantes… Bien au contraire même !

La grève des pompistes indépendants et le risque de pénurie de carburants avec le blocage des stations avaient déjà amené son lot de reportages pouvant inciter à éviter de se rendre du côté de Pointe à Pitre.

La fin rapide du blocage a vite donné tort aux « observateurs avisés » des rédactions TV qui prédisaient le pire.

Mais le phénomène est vraiment récurrent. Dernier exemple en date, le magazine « Enquête exclusive » de Bernard de la Villardière diffusé sur M6 ce dimanche.

« Alerte en Guadeloupe », c’est son titre, ne fait pas dans la demi-mesure. Clichés et amalgames sont de sortie, avec une mise en scène hollywoodienne des forces de l’ordre sur fond de musiques choisies, le tout pour démontrer combien ce paradis caribéen n’est en fait qu’un enfer au quotidien, celui du département de France où la criminalité a été la plus forte en 2013.

Or, le partage n’est pas si léonin et les choses ne se résument pas à la seule lecture des statistiques du Ministère de l’Intérieur. Pour en avoir le cœur net, nous nous sommes rendus en Guadeloupe, sans arrières pensées et sans idées préconçues. Avec comme seul objectif de parcourir tout ce territoire et de rencontrer au fil de nos pérégrinations des professionnels du tourisme et des représentants des autorités locales. Histoire de savoir si ces phénomènes de violence pouvaient avoir un réel impact sur l’activité touristique..

Nous avons été assisté dans nos démarches et notre logistique par Willy Rosier et ses équipes du CTIG, mais sans que cela influe le moins du monde sur notre choix éditorial et nos angles de reportage. Une précision utile pour démontrer -si besoin était- que l’organisme présidé par Hilaire Bruday continue de jouer la carte de la transparence malgré ce que d’aucuns considèrent comme de l’acharnement médiatique de la part de certaines chaînes TV.

« Le tourisme sé nou tout’ » : La prise de conscience.

Plus de 400 000 touristes débarquent chaque année sur les îles de Guadeloupe, générant 500 millions d’euros de retombées. Une clientèle essentiellement française (même si le retour des américains et des canadiens se confirme), dont la venue n’est peut-être pas due simplement à l’effet carte postale et au climat de cet archipel unique au monde.

C’est vrai, la grève générale qui l’a paralysée quarante quatre jours durant il y a cinq ans, a fait reculer l’activité économique de la Guadeloupe dans son ensemble, et a surtout porté un rude coup au tourisme. Mais à l’évidence, cela a été comme un électrochoc, et la population semble dans sa grande majorité avoir plutôt pris conscience de l’importance des atouts touristiques que dame nature lui a laissé entre les mains.

Une première explication tient peut-être à la plus grande implication directe de populations jusqu’alors peu ou prou concernées par l’accueil des visiteurs.

Dans le contexte que l’on connait de crise économique et de concurrence exacerbée entre les destinations, la Guadeloupe a mené depuis quelques années d’importantes campagnes de communication ciblant les clientèles européennes et nord-américaines.

« Mais pour que ce travail soit fructifié, il nous fallait tout mettre en œuvre pour que la population prenne une part prépondérante dans l’accueil des touristes » explique Willy Rozier, le directeur du CTIG.

Une grande campagne de sensibilisation a donc été lancée au printemps 2013 sous le thème « Nous sommes tous des acteurs du développement touristique de l’archipel ».

Appuyés par les médias locaux, l’opération « Flamboyants des Îles de Guadeloupe » a durant huit mois permis de mettre en valeur et sous les feux de l’actualité des anonymes dont l’activité s’avère avoir un impact direct ou indirect sur la société guadeloupéenne.

Téléspectateurs, auditeurs et lecteurs ont pu ainsi, au fil des semaines et des SMS qu’ils envoyaient, voter pour l’homme ou la femme à leurs yeux le plus représentatif de l’image de la Guadeloupe.

Autre facteur assurément important dans ce nouvel état d’esprit que nous avons pu déceler, le fait que de plus en plus d’habitants proposent de l’hébergement.

Ainsi directement concernés, générant à leur tour de l’activité puisque leurs hôtes consomment au quotidien, ils sont désormais en première ligne.

Bernard Niel, directeur production et gérant de VoyageMania au sein du groupe Antilles On Line (Nouvelles Antilles, Nouvelles Iles…) le sait bien car son agence a été l’une des premières à commercialiser des produits autres que l’hôtellerie classique.

Sur le net, l’arrivée de packages proposant des gîtes, des villas, des chambres d’hôtes, à partir d’un système de résa développé en interne, a véritablement boosté la destination.

« Mais il est exact que la crise de 2009 dans le tourisme a vraiment changé la mentalité… l’approche touristique est totalement différente » explique t’il derrière son bureau au siège de Saint François.

Côté hôtellerie également, l’activité, après s’être légèrement contractée en 2012, a repris des couleurs l’an dernier. L’affluence de la haute-saison compense toujours difficilement le déficit de clientèle sur le reste de l’année. Mais 2013 aura bien été la meilleure saison touristique des cinq dernières années pour la fréquentation touristique des 42 hôtels homologués et ouverts.

Le taux d’occupation des chambres est en hausse (+5 points), les nuitées de 16 % et la clientèle a séjourné en moyenne une demie journée de plus… (*source : enquête de fréquentation hôtelière -INSEE- DGCIS oct 2013)

Le fait marquant réside bien pour ce secteur dans les importants programmes de rénovation entrepris par les hôteliers.

Créateur en 1986 (avec Patrick Vial-Collet) du Groupe Leader Hôtels, Daniel Arnoux est un expert avisé de la question. Ses cinq établissements guadeloupéens (dont la Créole Beach à Gosier et La Toubana à sainte Anne ) commercialisés sous la marque « Des Hôtels et des Îles » sont la parfaite illustration de ces importants efforts.

D’autres établissements comme Fleur d’Epée, Canella Beach ou Primea ont eux aussi entrepris des programmes de rénovation.

Ajoutez à cela la construction par le Groupe ACI Outre Mer Financements de 260 chambres réparties sur quatre hôtels, et vous comprendrez qu’il y a là matière à se montrer optimiste.

La Suite, demain 26 février.

Pour La Quotidienne,
Jean BEVERAGGI





    3 commentaires pour “Faut-il avoir peur d’aller en Guadeloupe ?

    1. bonjour,

      Je fais mon 1er voyage a 42 ans en Guadeloupe fin mars , j’étais plus que ravie jusqu’à ce que des personnes de mon entourage ne me répète sans arrêt tu vas la bas tu es folle il y a que de la violence et tout ca suite aux divers reportages, sur le coup je me suis demandé ou j’allais cela m ‘a un peu gâcher ma joie et puis je me suis dit qu ‘il fallait que j’arrête d écouter tout le monde il y a de la violence partout ,et je compte bien en profiter et revenir ici vous faire part de mon sejour qui sera j’en suis sur tres positif.

    2. vous parlez de la guadeloupe mais votre photo nous montre une plage de mon ile terre de haut
      à terre de haut tout est beau pas de délincants pas de vols pas de grèves et surtout pas de bracages alors quand vous parlerez de guadeloupe chercher une photo de guadeloupe merci pour mon ile

    3. Ayant séjourné en Guadeloupe pendant 11 jours en janvier et ayant parcouru plus de 1200 kms à travers l’île, à aucun moment ma compagne et moi même avons ressenti un quelconque sentiment d’insécurité…
      Cette île aux paysages à couper le souffle mérite avant toute chose le soutien de la métropole pour assurer son développement et sa notoriété à l’international.

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